L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

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kiemavel1
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L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par kiemavel1 » 28 nov. 2016, 22:30

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Réalisation : Phil Karlson / Production : Hunt Stromberg (Columbia) / Scénario : Jesse Lasky Jr. d'après une histoire de George Bruce. Adapt : Ralph Gilbert Bettison et Philip MacDonald / Photographie : Charles Lawton Jr. / Musique : Mario Castelnuovo-Tedesco

avec John Derek (Renato Dimorna), Anthony Quinn (Viovanni LaRocca), Jody Lawrance (Maria d'Orsini), Arnold Moss (Colardi), Eugene Iglesias (Rollo d'Anterras), Dickie LeRoy (Jacopo), Harry Cording (Zio d'Orsini)
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Au milieu du 19ème siècle, dans une principauté italienne en guerre contre l'Autriche, le très populaire gouverneur LaRocca (Anthony Quinn) se rend au palais pour répondre à une convocation du souverain, le comte Dimorna. Ce dernier veut dénoncer les agissements de son gouverneur. En effet, un courrier intercepté prouve sa trahison. LaRocca a promis aux Autrichiens de faciliter l'invasion du pays de Casamare contre une forte récompense qui l'attend en Suisse. Se sentant démasqué, LaRocca abat le comte, maquille le crime en suicide et rend publique la soi-disant trahison du souverain provoquant l'indignation de la population. Ainsi, lorsque Renato Dimorna (John Derek), le fils du souverain et capitaine de l'armée qui tente de freiner l'avancée des troupes autrichiennes rentre en ville, il est pris à parti par la population et manque même d'être lynché. Blessé, il est recueilli au château dont LaRocca a pris possession. Abattu moralement, blessé et soumis, Il semble tout d'abord accepter la prise du pouvoir par le gouverneur ce qui provoque l'indignation de la noble famille de Maria, sa fiancée, qui ne croit pas du tout à la culpabilité du comte. LaRocca, qui se méfie de cette famille influente qui peut contrarier ses projets, envoie la troupe pour les faire arrêter mais cette même nuit, une main mystérieuse s'empare de l'épée du comte de Monte Cristo qui avait jadis été déposée dans une niche aménagée dans le socle de sa statue...
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Dans ce petit film d'aventures de Phil Karlson, la référence à Monte Cristo est totalement gratuite et le personnage principal n'a strictement rien à voir avec celui créé par Victor Hugo mais comme on peut le constater je ne suis pas le plus indiqué pour en juger. Cependant, je ne me souviens pas que l'auteur avait fait du comte le libérateur d'un petit coin d'Italie pas plus dans Les misérables que dans Michel Strogoff. L'idée des scénaristes était sans aucun doute de réemployer le nom d'un des héros les plus célèbres du roman d'aventures et de lui trouver un prolongement mais ni l'intrigue ni le personnage ne s'inspire de près ou de loin du Monte Cristo de Dumas. La référence au comte n'apparait d'ailleurs pas dans le titre original alors que c'était le cas pour le titre français, sans doute pour attirer le client.

Quoiqu'il en soit, la seule véritable référence au comte vient au tout début du film. On apprend de la bouche du gouverneur LaRocca que la cité avait obtenu son indépendance grâce aux combats menés jadis par le comte de Monte Cristo. Au pied de sa statue figure une inscription qui indique "...Je laisse mon épée au peuple de Casamare. Si elle doit servir à nouveau, que la cause soit juste" et de fait le héros masqué qui passera pour être le fantôme de Monte Cristo s'aura s'inspirer de la bravoure du comte mais il doit bien évidemment bien plus à Zorro qu'à Monte Cristo. Cela dit comme renard italien, on pourra préférer -c'est mon cas- Le cavalier au masque de Bruce Humberstone avec Tony Curtis.
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Car le film n'est pas très emballant. Esthétiquement, il y a un gouffre assez important entre les intérieurs luxueux et soignés ; autant que le sont les costumes … et toutes les séquences se déroulant en extérieur urbain car c'est là que le budget insuffisant est clairement visible. La figuration est insuffisante sur la place principale de la ville où se déroule les débats publics et les discours ; et c'est encore davantage le cas dans la grande séquence de la bataille quasiment finale (mais d'un autre coté, il faut être sacrément courageux pour partir à l'assaut d'un château à 20 …) alors évidemment il était difficile de rendre spectaculaire l'attaque d'un château ou une émeute ( Non monsieur, une révolution ! ) avec aussi peu de figurants et d'acteurs secondaires.

D'autre part, presque tous les décors extérieurs sont médiocres (la place centrale de la ville est assez laide et les murailles du château font d'au moins 3 m de haut) ; sans parler de tous les trucages (on voit bruler un autre château ; enfin on voit surtout bruler sa maquette), sans parler des toiles peintes assez évidentes et nombreuses. Bref, le manque de moyens est vraiment criant et ni Karlson ni son directeur de la photographie ne parviennent, malgré la boite à artifices, à masquer le coté carton patte de la plupart de ces décors et à sauver les meubles visuellement.
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Enfin, pour en finir avec les principaux griefs, l'interprétation des principaux comédiens est assez inégale. A ce titre, John Derek est dans un de ces mauvais jours. C'était surement une des stars masculines les moins doués à qui on aura offert autant de premiers rôles dans le cinéma d'aventures. Il en aura tourné pas mal ; 7 ou 8, des films d'ailleurs acceptables, finissant comme beaucoup d'autres sa carrière en Italie mais sans presque jamais se départir de son indolence naturelle, promenant sa belle gueule de film en film. Ici, elle est d'ailleurs plutôt grimaçante, il lève aussi les yeux au ciel, prend un air de chien battu et fronce les sourcils pendant une partie du récit. C'est comme cela qu'il manifeste son désarroi et son impuissance devant les agissements du nouveau maitre du pays. Pourtant, bien vite, il trouve le moyen de réparer les injustices faites à son peuple et à agir afin de le soulever contre le tyran.
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Dans sa lutte clandestine, il trouve une famille pour l'épauler mais c'est surtout une femme qui va participer activement à la lutte (quitte à elle même se dissimuler derrière le masque). Le rôle est tenu par une des moins connues des rousses flamboyantes des belles années de Hollywood. Jody Lawrance n'aura pas fait une grande carrière et pourtant celle qui interprète la fiancée de J. Derek met bien plus de vie dans son interprétation. Elle féraille d'ailleurs de manière convaincante dans une scène d'escrime plutôt bien réglée par le metteur en scène. Cependant, on la voit assez peu et plus largement on ne la reverra pas beaucoup par la suite. Je ne lui connais que 2 autres rôles importants, dans le médiocre 10 de la légion dans lequel elle joue une algérienne (si ma mémoire est bonne) et dans le tout aussi médiocre Les flèches de feu de Lew Landers, un western ou plutôt un film "historique" très fauché dans lequel elle joue Pocahontas.

Anthony Quinn est égal à lui-même. Il est, tout au moins dans ce type de rôles, toujours dans le même registre. Son jeu est très physique et il se sépare rarement de son sourire narquois et satisfait notamment dans ses changes avec son aide de camp, spécialiste des mauvais coups et des mauvais conseils. On peut d'ailleurs noter quelques petites touches sarcastiques dans les dialogues entre le gouverneur LaRocca et son aide de camp. Indirectement, la naïveté et l'immaturité politique du peuple sont aussi raillés par le scénariste et le dialoguiste qui insistent sur la grande popularité du gouverneur, pourtant un apprenti tyran redoutable mais dont le bagout impressionne et dont les discours démagogiques rassurent, séduisent et endorment une population que les "bons" auront d'ailleurs un mal de chien a convaincre de leur sincérité...Heureusement, that was before ! Tout ceci a bien changé ! (ironie)
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Enfin, dans les rôles secondaires, on reconnait Eugene Iglesias qui était surtout un acteur de complément dans des westerns dans lesquels il interprétait souvent des rôles d'indiens avec une certaine crédibilité.

On a aussi droit -c'est le moins que l'on puisse attendre- à quelques péripéties sympathiques : quelques chevauchées et quelques combats, des duels à l'épée à 1 contre 10 et un beau duel final...à 3. Quelques accrobaties : l'escalade des murailles du château. Un brin de mystère et des passages secrets. Par contre, je n'ai pas vu beaucoup de personnalité s'exprimer dans ce petit film d'aventure qui fut l'un des rares films "historiques" tourné par Karlson avec Les maudits du château-fort, tourné comme "l'épée de Monte Cristo" en 1951 et The Brigand tourné l'année suivante. Même si ces films là sont honorables, le genre ne l'aura pas autant inspiré que le polar - ou à un degré moindre - le western. vu en VF
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Jody :oops:
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chip
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par chip » 29 nov. 2016, 09:07

Jody Lawrance s'est aussi illustrée dans un autre film à costumes, également réalisé par Phil Karlson " The brigand "(1952), Anthony Quinn faisait partie de la distribution ainsi qu'un autre Anthony, Dexter.
La jolie rousse était également au générique d'un western que je cherche à voir depuis longtemps et dont son réalisateur Earl Bellamy se dit fier : STAGECOACH TO DANCERS' ROCK (1962) avec Warren Stevens et Martin Landau. Il y a des photos de cet inédit sur WM...

pass
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par pass » 29 nov. 2016, 19:57

kiemavel1 a écrit :on reconnaît Eugene Iglesias qui était surtout un acteur de complément dans des westerns dans lesquels il interprétait souvent des rôles d'indiens avec une certaine crédibilité .
A l'instar de Rodolfo Acosta , E. Iglesias avait plus ( souvent ) le rôle de mexicain malgré tout !! .

Ah oui au fait , c'est Le Proscrit comme titre Français pour The Brigand :P !! .

kiemavel1
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par kiemavel1 » 29 nov. 2016, 21:33

pass a écrit :
kiemavel1 a écrit :on reconnaît Eugene Iglesias qui était surtout un acteur de complément dans des westerns dans lesquels il interprétait souvent des rôles d'indiens avec une certaine crédibilité .
A l'instar de Rodolfo Acosta , E. Iglesias avait plus le rôle de mexicain malgré tout !! .
Toi tu es indépassable dans le rôle de l'enc..age de dyptères

Il interprétait souvent des rôles d'indiens, cela veut bien dire qu'il ne jouait pas que ça. Il campait un indien dans nombre de westerns dont Hiawatha. Jack McCall, desperado. Qui est le traitre ? Taza, fils de Cochise. La ruée sanglante. L'homme de San Carlos …pour ceux que j'ai vu. Après, oui, il a surement aussi souvent joué le mexicain ...
Ah oui au fait , c'est Le Proscrit comme titre Français pour The Brigand :P !! .

Oh p'tain ; j'avais omis ce titre français dis donc :D

A part ta grande entreprise de cassecouillasation quasi systématique, tu sers à quoi sur ces forums ?

Parce que en savoir autant si ça conduit à ça c'est dommage. Ça serait comme un type qui se serait cultivé toute sa vie pour prendre plaisir à prendre en défaut les autres et y trouver plaisir. C'est quoi ces points d'exclamation distribués dans chaque message semblant sanctionner l'erreur ou l'approximation (hier la jaquette de Metek) ; aujourd'hui autre chose !!!

Et c'est quoi ces smiley à la noix ponctuant les messages dans lesquels tu livres une information. Pour être très précis, tu es obligé de te foutre de la gueule du monde quand tu donnes le titre français d'un film dont j'avais seulement indiqué le titre original :P !!

Ohhhh … Tu en sais des choses ….Tu as quel âge mon grand ? Ton papa te laisse faire les courses tout seul ?

pass
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par pass » 29 nov. 2016, 22:05

kiemavel1 a écrit : Toi tu es indépassable dans le rôle de l'enc..age de dyptères

A part ta grande entreprise de cassecouillasation quasi systématique, tu sers à quoi sur ces forums ?

Parce que en savoir autant si ça conduit à ça c'est dommage. Ça serait comme un type qui se serait cultivé toute sa vie pour prendre plaisir à prendre en défaut les autres et y trouver plaisir. C'est quoi ces points d'exclamation distribués dans chaque message semblant sanctionner l'erreur ou l'approximation (hier la jaquette de Metek) ; aujourd'hui autre chose !!!

Et c'est quoi ces smiley à la noix ponctuant les messages dans lesquels tu livres une information. Pour être très précis, tu es obligé de te foutre de la gueule du monde quand tu donnes le titre français d'un film dont j'avais seulement indiqué le titre original :P !!

Ohhhh … Tu en sais des choses ….Tu as quel âge mon grand ? Ton papa te laisse faire les courses tout seul ?

Désolé que tu le prennes ainsi mais les MP sont là pour ce genre de réflexion .

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Cole Armin
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par Cole Armin » 04 déc. 2016, 10:17

Restons courtois et constructif, s'il-vous plaît.


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pak
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par pak » 04 déc. 2016, 11:07

kiemavel1 a écrit :(... ) Par contre, je n'ai pas vu beaucoup de personnalité s'exprimer dans ce petit film d'aventure qui fut l'un des rares films "historiques" tourné par Karlson avec Les maudits du château-fort, tourné comme "l'épée de Monte Cristo" en 1951 et The Brigand tourné l'année suivante. Même si ces films là sont honorables, le genre ne l'aura pas autant inspiré que le polar - ou à un degré moindre - le western.
Je n'ai pas vu ces films en costumes de Karlson, mais de ce que j'ai vu de lui (et apprécié) par ailleurs (La Trahison se paie cash, Justice sauvage, La Poursuite des tuniques bleues, Le Salaire de la violence... ) et son rapport à la violence me font dire qu'effectivement, il n'était peut-être pas la meilleure personne apte à habiller ce genre de productions...
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par kiemavel1 » 10 déc. 2016, 01:54

pak a écrit :
kiemavel1 a écrit :(... ) Par contre, je n'ai pas vu beaucoup de personnalité s'exprimer dans ce petit film d'aventure qui fut l'un des rares films "historiques" tourné par Karlson avec Les maudits du château-fort, tourné comme "l'épée de Monte Cristo" en 1951 et The Brigand tourné l'année suivante. Même si ces films là sont honorables, le genre ne l'aura pas autant inspiré que le polar - ou à un degré moindre - le western.
Je n'ai pas vu ces films en costumes de Karlson, mais de ce que j'ai vu de lui (et apprécié) par ailleurs (La Trahison se paie cash, Justice sauvage, La Poursuite des tuniques bleues, Le Salaire de la violence... ) et son rapport à la violence me font dire qu'effectivement, il n'était peut-être pas la meilleure personne apte à habiller ce genre de productions...
Oui effectivement. Je n'avais pas pensé à ça mais c'est vrai que Karlson c'est souvent du brut…et même du brutal. Même dans ses films antérieurs. Si tu ne connais pas, il faut que tu vois en priorité : L'affaire de la 99ème rue (99 River Street), Le quatrième homme (Kansas City Confidential (DVD zone 2 mais plusieurs éditions, la meilleure étant la Wild Side) et The Phoenix City Story (DVD zone 1 avec vost mais dans un coffret) .. Et ensuite : Les frères Rico et L'inexorable enquête (DVD zone 1 mais zone all et en vost). Tout ça, c'est vraiment bon

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pak
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Re: L'épée de Monte-Cristo - Mask of the Avenger - Phil Karlson - 1951

Message par pak » 11 déc. 2016, 23:45

Connais pas les films que tu cites... :oops:

Mais ai récupéré Le Quatrième homme qui vient de passer sur TCM, la chaine ayant été gratuite sur Free durant un mois environ (d'ailleurs j'ai tellement enregistré que le disque dur de ma Freebox a rendu l'âme... :D :( )
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

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