Zulu - Zoulou - 1964 - Cy Endfield

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Personne
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Zulu - Zoulou - 1964 - Cy Endfield

Message par Personne » 22 sept. 2008, 12:18

Un film qui a aussi sa place dans ce forum, j'en profite pour vous faire un copier-coller du post de majorsenta dans le forum warmovies. :D
majorsenta a écrit :En 1879, une armée de 4000 Zulus vont assieger un fort anglais , commandé par Michael Caine et Stanley Baker ...
J'y suis allé un peu à reculons ...
Sur le laserdisc, il y avait un petit carton indiquant que Criterion ne soutenait pas la politique d'Apartheid !
Ca refroidit toujours un peu comme entrée en matiére...
Et finalement le film est pas mal du tout, dans la tradition du film d'assaut ou un poste retranché est attaqué !
Ce qui m'a le plus étonné , c'est la description des soldats anglais qui sont loin d'avoir le beau rôle ...
Ils sont braillards, alcooliques, voleurs, violeurs , tarés et menteurs .
L'homme d'eglise , le pasteur Witt, joué par Jack Hawkins n'est pas non plus trés trés reluisant et n'hesite pas à tenter les soldats, pour reussir à s'enfuir.
Certains s'interessent aux animaux tandis que d'autres à une chorale ...
J'ai bien aimé la description des Zulus , bien qu'assez peu identifiés à un personnage ...ils restent anonymes.
On les découvrent fort , puissants et redoutables dans la stratégie et se montreront au final plus grands que les anglais !

En découvrant le film, j'ai pensé à la Chute du Faucon noir de Ridley Scott ..
Dans les deux films, un petit groupe de soldats vont devoir se defendre contre un ennemi plus nombreux , anonymes.
A la différence , que dans Zulu les soldat anglais ne peuvent se deplacer ..et que les Zulus proprement dit ont tout de même plus de gueules quand ils dansent, chantent ou frappent de leurs lances , les boucliers !
Une plutot trés bonne surprise ...
J'aime bien Stanley Baker mais j'ai un peu de mal à le voir en premier role ....j'aurai bien vu le tandem de l'Homme qui voulut être roi !
En plus pour moi, il a une tête de traitre ...les Chevaliers de la table ronde ! Mordred !!!

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cyberpunk2
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Message par cyberpunk2 » 22 sept. 2008, 17:55

pas encore vu malgré que j'ai le dvd

je suis en train de lire ce bouquin, une uchronie où les zoulous envahissent londres :D


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AJAX
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Message par AJAX » 23 sept. 2008, 08:49

J'ai du mal à reconnaître ZOULOU, mon film cultissime, dans la description suivante :

Ce qui m'a le plus étonné , c'est la description des soldats anglais qui sont loin d'avoir le beau rôle ...
Ils sont braillards, alcooliques, voleurs, violeurs , tarés et menteurs .
L'homme d'eglise , le pasteur Witt, joué par Jack Hawkins n'est pas non plus trés trés reluisant et n'hesite pas à tenter les soldats, pour reussir à s'enfuir.
Certains s'interessent aux animaux tandis que d'autres à une chorale ...
J'ai bien aimé la description des Zulus , bien qu'assez peu identifiés à un personnage... ils restent anonymes.


On n'a pas dû voir le même film, ou alors c'est les lunettes...
A part Hook, qui est alcoolique, et un sergent malade, miné par les fièvres qui délire (le braillard ?, le taré ?)... Oui, il y a une chorale, et un soldat qui se souvient de sa vie à la ferme et s'intéresse à un petit veau qui vient de naître... Pas vu de violeur, c'est quoi ce beans...
A noter que les petits enfants de Hook ont fait un procès au producteur, Stanley Baker, car leur grand-père était diffamé. Hook était un bon soldat, qui deviendra sous-officier plus tard, nous apprend un bonus du DVD, qui nous signale une autre infidélité à l'Histoire : à la fin du film les lieutenants Chard (Baker) et Broomfield (Caine) se déclarent honteux et dégoûtés par le massacre qu'ils ont dû faire pour rester en vie... souci qui ne risquait pas d'effleurer les officiers coloniaux de l'époque (ni sans doute de la nôtre ?).
Il y a aussi le merveilleux Nigel Green, dans le rôle du "Sergeant-Colour", raidi dans sa dignité d'adjudant-chef... "Hummm... le Gentleman a un peu bu..."

Stanley Baker (raaah, Achille dans HELEN OF TROY !) cherchait un sujet pour la première réalisation de la société de production qu'il montait, Diamond Film. Il tomba sur un article de presse contant la résistance désespérée d'une centaine de ses compatriotes, des soldats gallois dans la ferme de Rorke's Drift, le soir du désastre d'Isandlwana (où une colonne anglaise de 2000 h, dont 1200 britanniques) fut massacrée. Le réalisateur qu'il engagea, Cy Endfield était communiste militant, et le gouvernement sud-africain leur mit d'abord des bâtons dans les roues car ce film mettait aussi en valeur de courage des Noirs. Alors, hein, un film pro-apparteid ? Je me gausse, Majorsenta...

Georges Ramaioli a dessiné une superbe saga consacrée à la guerre des Zoulous, ZOULOULAND (16 albums, je crois). Et il existe aussi, en français, un excellent bouquin racontant cette épopée, publié chez Rossel, dont je vous donnerai la référence si ça vous intéresse...

AJAX
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A propos de Zoulou (Cy Endfield, 1964) et L'ultime Attaque/Z

Message par AJAX » 23 sept. 2008, 12:13

Les batailles d'Isandhlwana et de Rorke's Drift (distants d'une dizaine de kilomètres) ont eu lieu le même jour, 22 janvier 1879, à la frontière du Natal et du Zoulouland.

Lord Chelmsford (Peter O'Toole) avait divisé son armée d'invasion en trois colonnes (en fait cinq, avec les deux censées garder la frontière, dont celle de Durnford (Burt Lancaster)).
La colonne du milieu comptait 4.709 h (dont 1.724 Britanniques), mais s'était elle même fragmentée en deux groupes : l'un était sous le commandement du colonel Glyn, qu'accompagnait le commandant en chef, Lord Chelmsford (ils avaient quitté le camp d'Isandhlwana pour aller secourir Lonsdale et Dartnell).

L'autre groupe, resté au camp sous les ordres du lieutenant-colonel Pulleine (Denholm Elliot), était fort d'environ 1.200 h (dont 800 Européens), et fut bientôt rejoint par le colonel A.W. Durnford (Burt Lancaster), accouru de Rorke's Drift à l'arrière, avec 300 cavaliers Sikalis et diverses autres troupes indigènes).

Le roi Zoulou Cetewayo concentra le gros de ses forces sur la colonne du milieu et extermina donc Pulleine et Durnford à Isandhlwana : 20 à 25.000 Zoulous (je crois bien que le film parle, lui, de 30-40.000 h !) armés de sagaies fondirent sur 1.774 soldats et officiers britanniques et indigènes — 1.279 d'entre-eux restèrent sur le carreau. La bataille commença vers 12h 15' et finit aux alentours de 13h 30' (mais il y eut semble-t-il un survivant qui, retranché sur le kopje, vendit chèrement sa peau et réussit à tenir tête jusque tard dans l'après-midi : le film n'en parle pas).

Au loin, Chelmsford entendit les canons et les salves des combattants d'Isandhlwana. Il était 20h 00' lorsqu'ayant regroupé ses forces, il revint à Isandhlwana.

Après le départ de Durnford, il ne restait plus à Rorke's Drift qu'un hôpital de campagne sous la protection d'une compagnie d'infanterie (la compagnie B du 2/24e) commandée par le lieutenant Gonville Bromhead (Michael Caine [l'inoubliable Harry Palmer du MI5, le héros des romans d'espionnage de Len Deighton, portés à l'écran : «Ipcress», «Mes funérailles à Berlin», etc.]) — qui se fera «coiffer» par son collègue du génie, Chard (Stanley Baker).
Stanley Baker, acteur gallois passé producteur (Diamond Films), avait lu avec intérêt un article de John Prebble relatant un haut fait d'armes accompli par une companie d'un régiment gallois : la défense du poste de Rorke's Drift pendant la guerre contre les Zoulous.
Il en confia le scénario au même John preeble et à Cy Endfield, réalisateur communiste engagé, et s'attribua le rôle du Lt. John Ross Merriott Chard.

A Rorke's Drift, un hôpital de campagne, 35 malades ou blessés récupéraient sous la protection de 104 soldats et officiers valides. Des fuyards leur apportent les nouvelles du désastre. Mais fuir ne servirait à rien : le fantassin zoulou court presque aussi vite qu'un cheval; et puis il y a ces blessés et malades qu'on ne peut abandonner. Il leur faut donc se retrancher et faire face...

En fin d'après-midi — passé 16h 20', en tout cas — de ce fameux 22 janvier 1879, 4.500 Zoulous qui ont combattu à Isandhlwana déboulent des collines et franchissent la rivière Buffalo, frontière entre le Natal et le Zoulouland. Ils sont commandés par Dabulamanzi, frère de Cetewayo.
Barricadés dans la mission, les Anglais vont repousser plusieurs assauts, même pendant la nuit. Le lendemain matin (était-ce bien le 23 janvier ?), vers 7h 00', les Zoulous dégoûtés se retirent, ayant perdu près de 600 h (?) tués (et des centaines de blessés).
Les Anglais déplorent 17 morts et ont brûlé quelque 20.000 cartouches. Onze Victoria Cross furent décernées : un record !

Il fallait en avoir une «sacrée paire» pour ne pas détaler devant ces milliers de sagaies, même si l'on tient en main un fusil Martini-Henry, qui certes tire une munition moderne pour l'époque (la cartouche Boxer, en cuivre), mais dont le projectile de plomb encrasse rapidement les rayures ! Et qu'il faut recharger manuellement à chaque tir...

(LT. CHARD, écoeuré par l'ampleur du massacre commis contre les Zoulous par un armement moderne, qu'il a lui-même dirigé : «Si c'est un miracle, sergent, c'est à notre fusil modèle 1850, calibre 9, qu'il faut l'attribuer.» SGT. BOURNE (Nigel Green), légèrement désapprobateur : «... et aux baïonnettes, tenues par des hommes courageux !» Bourne est fier de ses «garçons» qui se sont battus comme des lions, et ne partage pas les préoccupations métaphysiques de son supérieur.)

Ces hauts faits militaires ont fait l'objet d'un bouquin, traduit en français : David CLAMMER, La guerre des Zoulous, Bruxelles-Paris, Rossel Editions, coll. Des Temps et des Hommes, 1974 — d'où j'extrais les précisions ci-dessus.

AJAX
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Etranger

ZULU

Message par Etranger » 23 sept. 2008, 23:03

ZULU est un film sur le courage et le respect de l'adversaire de quelque
camp il soit, ce n'est en rien un film raciste.

Invité

Message par Invité » 24 sept. 2008, 00:12

"Etranger" a bien résumé ZOULOU, en deux lignes. :D

Même si la caméra explore surtout le camp britannique, l'hommage aux Zoulous est manifeste. Les autorités sud-africaines appattheid finirent par autoriser le tournage, estimant que le film ne pouvait être subversif puisque les Noirs n'avaient jamais l'occasion d'aller au cinéma, comme le rappelle un des bonus.

majorsenta2
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Message par majorsenta2 » 24 sept. 2008, 10:24

A part Hook, qui est alcoolique, et un sergent malade, miné par les fièvres qui délire (le braillard ?, le taré ?)... Oui, il y a une chorale, et un soldat qui se souvient de sa vie à la ferme et s'intéresse à un petit veau qui vient de naître... Pas vu de violeur, c'est quoi ce beans...
Enfin...Ajax ....
Hook et ses mains balladeuses ...
Le corset déchiré de la fille du pasteur Witt ...qui s'enfuit !
Fille du Pasteur Witt , que je trouve d'ailleurs passablement nunuche ...
Le soldat, il s'interesse à ce petit veau en pleine bataille tout de même ..

Je me suis juste étonné du carton présent dans le laserdisc ou les editeurs du ld, prenaient bien des précautions pour preciser qu ils ne soutenaient en rien l'Apartheid.
Je n'ai jamais écrit que le film soutenait ce régime...mais ce qui m'avait intrigué c'est la précaution de Criterion.

Je n'ai pas trouvé les anglais particuliérement héroiques ou braves....j'ai preferé les Zulus !

Il m'a semblé que le réalisateur insistait plus sur leurs travers que sur leurs qualités et qu ils n'etaient pas dépeint sous une lumiére particuliérement flatteuse !
Pour tout dire, je les trouve fin de race ...à l'image du personnage de Caine, ou de Hawkins.
Ce qui va les aider, c'est aussi et un peu le hasard ...la barriere du corral que l'on oublie de refermer et qui va liberer les bêtes .
Ce qui m'a interessé , c'est l'etonnement final des anglais devant le geste des Zulus ..
En y repensant , je trouve plus d'elegance aux Zulus qu'aux Anglais , Endfield les a selon moi mieux mis en valeur.

Je sens que ce soir ja vais vous scanner ce petit carton ...

Invité

Message par Invité » 24 sept. 2008, 18:38

Hi Hi Hi, on pourrait indéfiniment gloser sur ce film, Majorsenta, mais je ne voudrais pas paraître lourd. :D

J'avais oublié les mains baladeuses de Hook, mais comme il m'est souvent arrivé - quand j'étais plus jeune - de peloter des filles... sans les violer pour autant... :oops:
Moi j'ai adoré Hook lorsque dernier à sortir de l'hopital en flammes, dans un geste de défi, il se paie une lampée d'alcool chirurgical à même une bouteille au col brisé. Au risque de se fendre la gueule (au propre plutôt qu'au figuré).
Oui, la fille du pasteur suédois est nunuche si l'on s'en réfère à l'image olé-olé que nous avions des suédois(es), en particulier dans les '60. Je n'ai pas grande sympathie pour ce peuple qui s'est si mal comporté sous le Casque bleu, au Congo (belge), dans les années '60, mais ça c'est mon problème.

Faut comparer ce qui est comparable. Dans ce film, Anglais et Zoulous ne sont pas traités de manière équitable. Les Zoulous sont impersonnels, mais courageux. Ils signifient l'altérité. La redoutable altérité. Les Anglais sont pris individuellement. Comme Européens ils nous ressemblent. Ils s'interrogent. Ils ont peur. Il n'y a que les imbécilles qui n'ont jamais peur ("Pourquoi nous, sergent ? - Parce qu'il n'y a que nous, mon gars!"). Mais ils surmonternt cette peur. Et ne lâchent pas pied. Ils trouvent même à s'inquiéter du petit veau qui vient de naître (un peu de douceur dans ce monde de brutes). :s2:

Et... oui, je suis d'accord, les Zoulous sont très classe de se retirer en rendant hommage à l'ennemi courageux. Mais pourquoi insister... de ce côté-ci de la rivière Buffalo ? Ils n'étaient plus chez eux.
Les Anglais aussi sont "classe" (ou "fin de race", comme tu dis, mais c'est pareil il me semble). Les deux officiers admettent qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin - moi, à leur place, j'aurais plutôt été ravi d'être encore en vie; faut croire que ces scrupules de tapette, c'est pas trop mon genre.

Je ne possède pas le Laserdisc. Les éditeurs ont sans doute pris les précautions qu'ils jugeaient utiles, concernant l'apparteid. La peur des amalgames, sans doute.
Ici en Belgique, l'apparteid on connait bien. Nos cousins du Nord sont en train de le réinventer - ça doit être dans leurs gênes héréditaires. Si on les laisse faire, bientôt ils réouvriront Breendonk. Paraît que nous sommes des immigrés dans... notre propre pays. :arc:

AJAX
Triérarque

pass
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Re: Zulu - Zoulou - 1964 - Cy Endfield

Message par pass » 28 déc. 2014, 18:28

Première représentation à Paris le 7 Octobre 1964 en VF et VO .

Loco
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Re: Zulu - Zoulou - 1964 - Cy Endfield

Message par Loco » 23 août 2019, 11:51


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