Troy : Director's Cut

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Daniel2
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Troy : Director's Cut

Message par Daniel2 » 31 juil. 2007, 00:43

Troy selon le réalisateur
:P
Warner annonce la sortie le 18 septembre du DVD double Troy: Director's Cut (de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, Orlando Bloom, Diane Kruger Eric Bana et Peter O'Toole) qui sera offert en panoramique anamorphique (allongé de 30 minutes) avec une piste sonore Dolby Digital 5.1 anglaise, une introduction du réalisateur, les revuettes "Troy in Focus", "In the Thick of the Battle", "From Ruins to Reality", "Troy: An Effects Odyssey", "Attacking Troy" et "Greek Ship Towing" ainsi que des bandes-annonces.

Voici l'image de la jacquette :
Image

En janvier 2005, j'avais fait une critique au sujet du DVD de l'autre version... voici ma critique :

Le réalisateur d'origine allemande Wolfgang Petersen présente ici son adaptation cinématographique de "Troy", la fameuse bataille opposant les Grecs et les Troyens. L'histoire est connue depuis quelques millénaires. Achille, le plus grand guerrier de l'histoire, défend l'honneur des Grecs en les menant à la victoire dans une guerre sanglante de dix ans contre les Troyens sur les côtes de l'Asie mineure, incluant l'actuelle Turquie. Aidés d'Ajax, de Ménélas, d'Agamemnon et d'Ulysse, les guerriers grecs devront combattre le roi Priam et ses deux fils, Hector et Pâris. Le récit de cet affrontement a pris toutes ses lettres de noblesse le jour où un poète aveugle nommé Homère s'en inspira dans son œuvre appelée l'Iliade, avec des héros, des rois courroucés, un cheval de bois géant et en y ajoutant un peu de romance.

Une recette parfaite pour le monde du septième art qui plus d'une fois, n'a pas hésité à mettre en image ce conflit épique tels, Helen of Troy réalisé par Robert Wise en 1956, le fascinant The Trojan Women de Michael Cacoyannis et deux productions italiennes de qualité La guerra di Troia en 1961 en compagnie du culturiste et grande vedette mondiale de cette époque Steve Reeves et L'Ira di Achille tourné en 1962 avec l'acteur Gordon Mitchell dans le rôle d'Achille.

La guerre de Troie fut déclenchée lorsque Pâris, le jeune fils de Priam, enleva Hélène, la femme de Ménélas, le roi de Sparte. Hélène était la plus belle femme qu'on pouvait rêver. Nombre de rois grecs et leurs plus grands guerriers formèrent alors une alliance et firent voile vers Troie, afin de ramener Hélène à Ménélas. Ce fut le début de la guerre. Parmi les guerriers grecs, il y avait le fameux Achille, mais aussi Diomède et Ajax, Patrocle et le rusé Ulysse. Beaucoup d'entre eux succombèrent au champ d'honneur durant ces dix longues années de combat incessant.

Le scénario de David Benioff est une adaptation libre du poème l'Iliade d'Homère et à d'autres récits de l'Antiquité. Il a transformé malheureusement plusieurs aspects de cet événement au point d'en changer même la fin.

Voici quelques points de divergence avec le récit homérique:

Selon l'Iliade, la guerre de Troie aurait duré dix ans et non un mois comme le film semble nous le présenter. Le poème commence la neuvième année du siège, alors que les Grecs sont touchés par la peste, juste avant la colère d'Achille contre Agamemnon, et il se termine après qu'Achille ait rendu le corps d'Hector à Priam.

Dans le film, nous voyons Pâris se battre contre Ménélas et être sauvé in extremis par son frère Hector qui de son glaive, transperce à mort le roi de Sparte. En fait, Pâris se battit bel et bien contre Ménélas, mais ne se sauva pas du tout en lâche comme semble nous le démontrer ce long-métrage, mais il fut sauvé par la déesse de la beauté et de l'amour Aphrodite. Ménélas quant à lui survécut à la guerre de Troie et rentra à Sparte en ramenant avec lui Hélène où ils vécurent heureux jusqu'à la mort du roi.

Afin de mettre un peu de piquant et de romanesque à cette aventure, le scénariste David Benioff a décidé de mettre beaucoup d'emphase autour du personnage de Briséis et de son impact sur le comportement d'Achille. Dans l'Iliade, la jeune fille est la part d'honneur qu'Achille a remporté à la suite de la prise de Thèbes, elle n'est donc ni cousine de Priam, ni prêtresse d'Apollon.

Patrocle n'est pas le cousin d'Achille, mais son compagnon le plus fidèle et c'est en lui désobéissant, en s'approchant trop près des remparts de Troie, que Patrocle se fera tuer par Hector.

C'est Protésilas, et non Achille, qui le premier débarqua sur le sol troyen (et se fit tuer illico). Achille était en train de violer Polyxène dont il était amoureux, lorsque Pâris lui perça le talon d'une flèche bien ajustée. Mais dans le film, Pâris croit qu'Achille est en train de malmener sa cousine Briséis, etc.

Achille est tué tout simplement par une flèche, décochée par Pâris et guidée par Apollon, en direction du talon vulnérable, il le blessera mortellement, et ce, bien avant la construction du fameux cheval.

Dans le film Priam est tué par Agamemnon... en réalité Priam perdra la vie dans Troie conquise et en feu, tué par Néoptolème, fils d'Achille.

Ajax, fils de Télamon, roi de Salamine n'est pas tué par Hector.

Dans la version du réalisateur Wolfgang Petersen, Pâris se sauve par un passage secret avec la belle Hélène. Dans le récit de l'Iliade, nous pouvons lire que durant la prise de Troie, Pâris est mortellement blessé par une flèche de Philoctète. Ramené par la suite sur le mont Ida, il demande à Œnone, sa première femme, de le soigner, mais celle-ci refuse et il meurt.

Chez Homère, c'est Hector qui attend Achille en bas de ses murs et non pas le contraire. À son approche, Hector prend la fuite, mais après une intervention d'Athéna déguisée, il décide de lui faire face. Achille le tue sous les yeux des Troyens et traîne son cadavre jusqu'aux campements grecs.

Les acteurs de "Troy" sont charmants et plus particulièrement Peter O'Toole dans le rôle du roi Priam où il joue à la perfection son personnage à la caméra; il est profond, touchant et majestueux dans la peau de ce roi troyen. Notamment la scène où il réclame le corps de son fils Hector à Achille, Peter O'Toole est tout simplement extraordinaire, nous sentons chez l'acteur toute la douleur d'un père après avoir perdu un fils au combat. Sa performance déchirante est l'une des plus belles séquences cinématographiques que j'ai vues jusqu'à ce jour.

Brad Pitt n'est pas mal non plus dans la cuirasse d'Achille, ce grand guerrier grec réputé invincible. Un splendide corps musclé et huilé à souhait, la lance leste et précise, et le caractère de cochon. Un rôle taillé à la mesure de Brad Pitt qui a su redonner vie, avec une énergie incroyable, à ce personnage mythique qu'était Achille. Il est brutal, mais pas entièrement dépourvu de cœur. À mon avis, il est jusqu'à ce jour, l'acteur le plus authentique dans l'histoire du cinéma à avoir interprété ce héros grec. Eric Bana est Hector, le champion des champions. Il est de loin le meilleur combattant de Troie. Très crédible, Bana joue non seulement de façon physique son rôle de valeureux guerrier, mais il aborde son rôle avec une grande sensibilité. Orlando Bloom quant à lui, interprète le beau et jeune Pâris qui kidnappe par amour la très jolie Hélène alias Diane Kruger.

Ces deux personnages sont un peu effacés face aux autres. Ils ne m'ont guère impressionné dans leurs jeux, espérons qu'ils trouveront des rôles plus étoffés à l'avenir. Sean Bean, le Boromir rescapé du Seigneur des Anneaux, arrache nettement mieux son épingle du jeu avec son petit rôle d'Ulysse. Il est malheureux que Wolfgang Petersen n'ait pas su exploiter davantage son talent. Il aurait sûrement apporté un souffle fascinant à ce péplum qui est parfois lourd et peu séduisant.

Wolfgang Petersen avait les moyens matériels pour donner vie à cette guerre mythique, malheureusement sa direction artistique fait défaut. Les batailles sont bien chorégraphiées, mais nous sentons un peu trop l'image de synthèse à l'écran. Si la caméra de Petersen n'affiche aucune ambition, elle fait son boulot et donne le minimum de saveur aux combats. On pourrait lui reprocher d'avoir fait trop confiance au scénariste David Benioff qui met trop l'accent sur des valeurs très hollywoodiennes, comme le romantisme. Il omet la quasi-intégralité des aspects mythologiques, et a fait de l'Iliade un énorme péplum finalement peu original et loin de l'œuvre d'Homère. On se rend plutôt compte que les Dieux sont à l'origine et à la fin de tout. Ils contrôlent le destin des hommes et décident de l'issue de cette guerre.

Qu'aurait donné ce film entre les mains d'un Peter Jackson ou d'un Steven Spielberg? Peut-être une œuvre plus respectueuse de ce monument qu'est l'Iliade d'Homère. Ne nous trompons pas, le film de Wolfgang Petersen n'illustre pas le grand poème épique d'Homère, il s'en inspire. Troy ne garde du texte que les faits d'armes d'Achille. Il manque également un personnage important dans cette épopée celui de Cassandre, sœur de Pâris et d'Hector, qui est dotée du don de la voyance, mettant en garde les Troyens contre le cheval de bois et le danger de l'emmener à l'intérieur de la cité.

Deux mois avant la sortie internationale du film, on congédie Grabriel Yared, James Horner vient à la rescousse de cette production. Faute de temps sans doute, il offre une musique décevante, balourde, fade, bâclée et sans âme. James Horner a écrit sa musique pour un grand orchestre faisant intervenir une importante section de cuivres et de percussions. À cela s'ajoute une grande section chorale féminine bulgare et la soliste Tanja Tzarovska. L'ouverture musicale de "Troy" est ténébreuse et bien qu'attaquant avec son lot de roulements de tambours, pour créer une atmosphère martiale, l'ensemble demeure fade, sans ampleur... La voix plaintive de la soliste et l'impressionnante chorale ne parviennent pas à réellement nous toucher, encore moins nous transporter. James Horner essaye tant bien que mal de nous amener dans l'univers de cette guerre de Troie. Hélas, il utilise à outrance les synthétiseurs, ce qui donne un résultat médiocre, affaiblissant du même coup certaines scènes importantes du film.

Au niveau des effets spéciaux... ce n'est pas toujours réussi et parfois même raté par exemple l'espèce de nuage de sang numérique pendant la première bataille aux pieds des remparts, cet effet est complètement nul. Les décors sont somptueux, Troie ne fait absolument pas carton pâte. Tout au contraire, j'ai été renversé par la qualité des décors numériques extrêmement réalistes et probablement le plus respectueux de tout ce qui avait été fait sur le même sujet. Et que dire de plus sur l'architecture, les costumes, les armes... c'est tout à fait sublime.

L'image de "Troy" ne montre aucun problème de compression. La définition est très bonne et présente un niveau supérieur de détails. L'image est nette et lumineuse. Le contraste est excellent, en particulier lors de la scène tournée sur la plage en pleine nuit, quand les Troyens attaquent le campement des Grecs avec des balles de foin, en feu. Les couleurs sont naturelles, saturées et stables. Nous n'observons aucune variation dans les teintes et les noirs sont profonds. Cette édition propose un champ sonore qui est ample et qui jouit d'une belle profondeur.

Les flèches et autres projectiles lourds traverseront votre salon d'écoute d'une manière aussi brutale que naturelle. Il faut avouer que les effets sonores de ce film est un véritable délice à vos oreilles. Les dialogues sont naturels et toujours intelligibles. J'aimerais également mentionner que la bande-son française fut doublée ici au Québec.

Vous trouverez sur le deuxième disque les suppléments de cette production, "justifiant" les deux cents millions de dollars... ainsi qu'une bande-annonce du film et de quatre segments éducatifs: Le document "The Thick Of The Battle", fort instructif, montre comment ont été recréés les fameux combats. Nous voyons en plein travail Simon Crane, réalisateur de la deuxième unité, coordonnateur des cascades et le principal responsable de la chorégraphie des batailles. "From Ruins To Reality" nous explique que les décorateurs et architectes ont dû allier recherches et imagination dans la construction de la forteresse de Troie.

Ils mentionnent entre autres que pour faire un film de cette trempe, les proportions doivent être imposantes afin de créer quelque chose d'époustouflant sur le plan visuel. "Troy: An Effects Odyssey" nous explique que dans un film comme "Troy", il est particulièrement difficile de rendre un combat de soixante-dix mille hommes devant une ville qui n'existe pas et mille bateaux qui abordent la plage quand on n'en a que deux. Le responsable des effets visuels Nick Davis explique: "Nous savions qu'il fallait créer mille bateaux abordant les plages de Troie. Nous avons pris les plans du service création et reproduit les deux bateaux en construction... ainsi que cinq ou six variantes en images de synthèse."

Bref, les effets donnent en bout de ligne un résultat spectaculaire. Dans "Gallery Of The Gods", nous pénétrons àà l'intérieur du Panthéon grec des douze Dieux et Déesses qui ont façonné le destin des hommes et scellé le sort de Troie. La visite débute avec Arès, dieu de la guerre ; Héphaïstos, dieu du feu ; Dionysos, dieu du vin et de la vigne ; Artémis, déesse de la chasse ; Apollon, dieu de la prophétie, de la musique et de la guérison ; Aphrodite, déesse de l'amour et de la beauté ; Déméter, déesse de l'agriculture et de la fertilité ; Poséidon, dieu des océans ; Zeus, le dieu des dieux qui maintient l'ordre et la justice dans l'univers ; Héra, sœur et femme de Zeus, était reine des cieux et rivale jalouse des autres déesses de l'Olympe ; Hermès, dieu des voyageurs, des voleurs, du commerce et le messager de Zeus ; Athéna, déesse de l'habileté, des arts domestiques et de la guerre. Une analyse très intéressante de la mythologie grecque.

En terminant, je dirais que "Troy" est un film d'action pur et dur avec un minimum d'histoire. Nonobstant la sévérité de mes commentaires, ce film en vaut la peine et demeure malgré tout un bon péplum qui mérite une petite place dans votre vidéothèque. :mrgreen:

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frédo2
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Message par frédo2 » 31 juil. 2007, 12:27

Effectivement TROIE est un très bon film avec un magistral Brad Pitt, et c'est vrai que Petersen prend beaucoup de libertés avec l'histoire originale. Le film a eu le malheur (pour être un peu cynique) d'être présenté à Cannes, où il a reçu sa volée de bois vert habituel, comme tout blockbuster présenté là bas et le film ne mérite pas sa réputation.

Seulement, je trouve que la director's cut est encore une opération commerciale purement inutile, le film ayant été un demi-succès en salles.
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