Fear in the Night 1947 - Angoisse dans la nuit Maxwell Shane

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Scarface
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Fear in the Night 1947 - Angoisse dans la nuit Maxwell Shane

Message par Scarface » 16 oct. 2009, 18:41

Fear in the Night 1947 - Angoisse dans la nuit Maxwell Shane
Film noir, durée: 72min. noir et blanc
compagnie: Paramount
j'ai 8.5/10

Acteurs:
Paul Kelly, Deforest Kelley, Ann Doran, Kay Scott, Charles Victor, Robert Emmett Keane, Jeff York............

Synopsis:
Vince Grayson tue un cambrioleur, cache le corps dans un placard et s'enfuit avec la clef. Le lendemain, a son reveil, il ne se souvient de rien et demande de l'aide a son beau-frere, le detective Cliff Herlihy. Apres une enquete, Cliff decouvre que Vince a ete hypnotise par un homme qui voulait la mort du cambrioleur.

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pass
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Re: Fear in the Night 1947 - Angoisse dans la nuit Maxwell Shane

Message par pass » 23 déc. 2014, 20:12

Première représentation à Paris le 11 Août 1948 à l' " Avenue " et au " Paramount " en VF et VO .

kiemavel1
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Re: Fear in the Night 1947 - Angoisse dans la nuit Maxwell Shane

Message par kiemavel1 » 05 nov. 2016, 23:37

Dans une pièce dont toutes les portes sont couvertes de miroirs, un homme surprend un couple en train de forcer un coffre. Une lutte s'engage entre les 2 hommes. La femme tend un tournevis que les mains des 2 hommes effleurent. L'un d'eux s'en saisit alors, s'en sert comme d'un poignard et frappe l'autre qui s'effondre. La femme prend immédiatement la fuite et le survivant enferme le cadavre dans un des placards qu'il referme, emportant la clé avec lui. Brutalement, Vincent Grayson, cet homme qui vient de se voir en tuer un autre, se réveille en sursaut dans son lit. D'abord rassuré de constater qu'il ne s'agissait que d'un cauchemar, il se rend compte qu'il porte sur lui les traces d'une lutte et retrouve ce qui semble être la clé de son cauchemar et le bouton arraché à la veste de son rival sur un meuble de sa chambre. Affolé, il annonce son absence au travail, erre dans les rues puis court se confier à Cliff, son beau-frère, un inspecteur de police qui ne le prend pas au sérieux et ne veut pas arrêter un homme qui semble avoir commis un crime dans son sommeil après une journée un peu trop arrosée…

L'entourage de Grayson constate néanmoins qu'il semble véritablement obsédé par cet événement. Il s'évanoui en effet à plusieurs reprises à la suite de chocs émotionnels lui rappelant son cauchemar. Pour lui changer les idées, l'inspecteur de police organise une sortie à la campagne avec leurs petites amies, sortie écourtée en raison d'un violent orage. Cherchant un refuge, ils s'arrêtent devant une villa que Grayson semble, d'abord confusément, trouver familière mais quand il parait effectivement connaitre des particularités que seul un habitué des lieux serait sensé savoir et qu'il s'avère qu'un crime y a été commis 2 jours auparavant, l'inspecteur de police est bien obligé de prendre l'affaire au sérieux…

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Ce film singulier, écrit par le scénariste Maxwell Shane dont c'était la première réalisation, était l'adaptation d'une nouvelle de William Irish tout à fait typique des fantasmagories imaginées par cet auteur ici au meilleur de sa forme. Cette toute petite production de William H. PIne et William C. Thomas, 2 roitelets des films de genre à petits budgets des années 40 et 50, souffre d'un manque de moyens évidents et il est notamment encombré par quelques interprètes incompétents mais il ne manque néanmoins pas de charme. L'histoire, pour peu que l'on accepte un postulat de départ assez délirant, est cohérente dans son délire.

Le film s'ouvre donc sur un cauchemar commenté en voix off par un homme qui cherche à comprendre à chaud les évènements qui se produisent. A son réveil, effrayé, il constate que ce qu'il croyait être un cauchemar a tout l'air de s'être réellement produit au cours de la nuit. Assailli par des images terrifiantes qui l'obsèdent comme si son cerveau était menotté (… If my brain was handcuffed) et ne trouvant provisoirement aucun secours en expliquant les raisons de son trouble à son entourage puisqu'il n'est pas cru, Il se retrouve dans une situation pire que s'il était livré à lui-même ou en fuite comme tant d'autres victimes du film noir. Victime ou coupable d'ailleurs ? Lui même ne le sait pas. Totalement perdu, il cherche d'abord à démêler de manière totalement irrationnelle l'énigme. Grayson passe ainsi une annonce dans les journaux afin de retrouver l'étrange pièce octogonale aux murs couverts de miroirs entrevue dans son cauchemar…Sans résultat…Toujours seul, n'étant pas cru ni entendu, c'est à lui qu'il parle. La voix off de l'homme est omniprésente dans cette première partie remplie de recherches visuelles qui apparente "lointainement" le film au courant expressionniste, notamment dans la mise en scène du rêve ou dans les scènes qui seront des réminiscences de ces premières images traumatisantes.
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Bientôt, une sortie à la campagne est organisée par l'inspecteur (et parent) qui cherche à offrir un moment de détente à Grayson qu'il croit surmené. Les 2 couples partent pique-niquer mais un violent orage éclate. Ils sont même contraints de trouver refuge dans leur voiture et reprennent la route. Shane multiplie alors les plans filmés de l'intérieur du véhicule dont les vitres sont partiellement embuées et recouvertes d'eau. Dans le ciel, les éclairs se multiplient et des coups de tonnerre stylisés semblent claquer comme des coups de feu rendant encore plus inquiétants les paysages flous qui défilent. Puis il montre les 4 personnages, de vagues silhouettes méconnaissables ; cette fois ci de l'extérieur du véhicule. C'est d'ailleurs dans le prolongement de cette scène qui rappelle stylistiquement la scène de cauchemar qui ouvrait le film que, comme dans un rêve, Grayson semble se rappeler une route qu'il affirme pourtant n'avoir jamais empruntée et c'est au bout de cette route que l'on découvre la maison qu'il croit être celle du crime de son cauchemar, réel ou imaginaire ?

C'est ici que commence la seconde partie du film. La rupture de ton et de style a donc lieu après la découverte et la visite de la villa déserte. Grayson n'est plus moralement seul puisque l'inspecteur le prend enfin au sérieux et commence véritablement son enquête mais très vite, après avoir mis en doute la véracité de l'histoire de Grayson, il va en venir à le soupçonner d'un meurtre et il va penser avoir été manipulé par son beau frère qui aurait voulu se faire passer pour fou.
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Alors à nouveau, Grayson va être un homme perdu ; pas cru par un homme de confiance, un proche pourtant, qui agira surtout en professionnel pour démêler les fils d'une machination complexe et envoutante pour le spectateur ... comme elle est vécu par la victime, tout à la fois coupable sans le savoir et sans en être pleinement responsable. La suite, je la laisse dans le flou. Quoique…(On est pas obligé de lire la suite…). Les interrogations sont multiples. Réalité du crime ? Fou ou simulateur ? Machination ? Sur la suite des évènements, je jette des mots en vrac : État second, hypnose, drogue, vrai et faux suicide, double identité d'un des personnages et double manipulation (du méchant d'abord, puis de la victime). Et c'est tout ?

L'interprète principal, De Forest Kelley qui porte le film sur ses épaules, est selon moi plutôt convaincant dans ce qui était son premier rôle au cinéma ; 1er rôle de 2 façons : c'était après un téléfilm et un court métrage son 1er long et d'autre part ce film est resté un de ses très rares rôles en tant que tête d'affiche. Je pense qu'il avait du bien regarder Peter Lorre : regard halluciné de hibou pris dans les phares, respiration haletante, débit saccadé et voix étouffée. Ça colle parfaitement au film.

Maxwell Shane était surtout un scénariste qui avait participé à l'écriture d'environ 70 scénarios et adaptations mais presque uniquement pour des productions à très petits budgets. Il a cependant aussi écrit, réalisé et le plus souvent coproduit 5 films, appartenant tous à la famille polar. Celui ci, le premier film réalisé par Maxwell Shane - mais à plus de 40 ans - est peut-être son meilleur. Sa mise en scène, au moins dans la première partie du film, ne manque pas d'inventions et conjointement, la photographie très contrastée de l'obscur directeur de la photographie Jack Greenhalgh est parfaitement adaptée à cette histoire. Une curiosité.

Le film sera refait par Maxwell Shane lui même en 1956 dans ce qui restera son dernier film pour le cinéma. Son titre : Nightmare (Le cauchemar) avec Kevin McCarthy et Edward G. Robinson.

Avec De Forest Kelley (Vincent Grayson), Paul Kelly (Cliff Herlihy), Ann Doran (Lil Herlihy), Kay Scott (Betty) et Robert Emmett Keane (Belknap, alias Byrd)
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