Timetable - 1956 - Mark Stevens

Liste des films critiqués
Avatar du membre
Cole Armin
Administrateur
Messages : 3625
Enregistré le : 15 janv. 2005, 13:52

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par Cole Armin » 03 juin 2015, 07:30

La qualité d'image du DVD n'a pas l'air terrible : http://www.dvdbeaver.com/film5/dvd_revi ... etable.htm

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 03 juin 2015, 11:10

La qualité d'image est assez sombre, ce dvd n'est pas à la hauteur de ce remarquable film noir, il méritait mieux. Espérons une autre édition, plus sérieuse, et pourquoi pas, une édition française en VO s/t.

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 07 juin 2015, 11:24

Je voulais me procurer ce DVD mais si la qualité n'est pas au RDV, je fais l'impasse. J'aimerais moi aussi que cet excellent film soit édité chez nous mais je ne crois plus au père Noël depuis plusieurs années. Allez , rêvons un peu : un double programme La vengeance de Scarface + Timetable dans la collection Classics Confidential de Wild Side avec un bon gros livret signé Jean Ollé-Laprune ou Bernard Eisenschitz, ce serait pas le pied ? Bon, OK, j'en demande beaucoup. Juste une petite édition sans options, svp...

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 08 juin 2015, 08:53

On est au moins deux à rêver, mais ça ne suffit pas. C'est vrai ces deux films noirs, sont diablement bons, si nos éditeurs dvd étaient moins conformistes et fassent preuve de plus de discernement et moins de frilosité, voilà un choix qu'ils pourraient faire.

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 08 juin 2015, 11:27

Ce que je ne comprends pas c'est que d'après ce que je vois sur les captures postées sur dvdbeaver, la copie TV que je connais est meilleure que celle qui figure sur le DVD :o . Mais je ne connais strictement rien à ces questions de droits d'édition et ne peux donc m'expliquer pourquoi l'éditeur n'a semble t'il pas eu accès à la meilleure copie disponible.

Le mince espoir que j'ai, c'est que contrairement à de nombreux bons films méconnus du genre, le travail de restauration à faire sur ces deux films est nul ou minime. De plus, le fait que Cry Vengeance ai été édité par Olive Films aux USA, qui ne doit pas être un gros bazar impersonnel avec un petit catalogue de classiques qui ne pèserait rien, cela pourrait éventuellement faciliter les accords, partages de catalogue avec des boites françaises équivalentes type Wild Side, Sidonis ou Carlotta. J'arrête parce que je me fais du mal :wink:

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 08 juin 2015, 13:50

D'autant plus que pour " Cry vengeance" (la vengeance de Scarface), une VF existe, Roger Rudel était la voix de Mark Stevens. Tout ça me fait penser que j'ai l'affiche française du film (120x 160), belle affiche de Roger Soubie. En bas à droite est écrit , encadré en rouge : Interdit aux moins de 16 ans, allez savoir pourquoi... Il faut que je la retrouve.
" Timetable" inédit en France est sorti en Belgique sous le titre : " la minute du crime", en Italie : La mano invisibile, en Allemagne et Autriche : Auf den schienen zur hölle, en Suède : gangsterdetektiven,, en Argentine : El que compro su muerte.

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 08 juin 2015, 14:15

chip a écrit :D'autant plus que pour " Cry vengeance" (la vengeance de Scarface), une VF existe, Roger Rudel était la voix de Mark Stevens. Tout ça me fait penser que j'ai l'affiche française du film (120x 160), belle affiche de Roger Soubie. En bas à droite est écrit , encadré en rouge : Interdit aux moins de 16 ans, allez savoir pourquoi... Il faut que je la retrouve.
" Timetable" inédit en France est sorti en Belgique sous le titre : " la minute du crime", en Italie : La mano invisibile, en Allemagne et Autriche : Auf den schienen zur hölle, en Suède : gangsterdetektiven,, en Argentine : El que compro su muerte.
Pour expliquer l'interdiction, la seule raison que je vois pourrait être la violence -plus psychologique qu'autre chose- impliquant une enfant mais sans certitude…
Spoiler : Afficher
quand il lui donne une balle pour son papa par exemple :evil:. C'est en tout cas une image assez forte pouvant expliquer le : "à partir de…". J'ajoute que la gamine était très bien dans un rôle difficile qui a du demander un coaching délicat

Avatar du membre
pak
Messages : 272
Enregistré le : 26 nov. 2012, 19:21

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par pak » 10 juin 2015, 18:28

Bah, ça ne m'étonne pas cette interdiction.

Dans les années 1940-50 (60 aussi ? ), bien que pas né, il me semble que le comité de censure était nettement plus sévère que de nos jours. D'autant que malgré le fait que la France soit parait-il un pays laïc, il y avait aussi un lobbying religieux qui tendait à rendre les interdictions encore plus étendues.

Il faut se rappeler tout de même qu'un film comme La Jument verte fut à sa sortie interdit aux moins de 18 ans, on peut d'ailleurs le lire sur d'anciennes affiches.
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 10 juin 2015, 18:41

Je me souviens aussi de l'interdiction aux moins de 16 ans de " la fureur de vivre", à sa sortie en 1956, on ne m'a pas laissé entrer, j'ai dû attendre quelques années pour découvrir le film de Ray. Pour la " jument verte" , j'avais l'âge.

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 15 oct. 2015, 12:45

Image
Mark Stevens et Felicia Farr : TIMETABLE (1956)

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 19 nov. 2015, 01:10

Produit et réalisé par Mark Stevens / Scénario : Aben Kandel d'après une histoire de Robert Angus / Photographie : Charles Van Enger / Musique : Walter Scharf

Avec Mark Stevens (Charlie Norman), Felicia Farr (Linda Alvarez Brucker), King Calder (Joe Armstrong), Marianne Stewart (Ruth Norman), Wesley Addy (Dr. Paul Brucker), Alan Reed (Al Wolfe)
ImageImage
Alors qu'il voyage à bord d'un train de nuit se dirigeant vers Phoenix, le docteur Brucker est appelé au chevet d'un passager qui était tombé subitement malade au cours du voyage. Après son examen, soupçonnant que l'homme est atteint de poliomyélite, pour éviter tous risques de contagion et pour le sauver, il ordonne que le train fasse un arrêt exceptionnel dans la ville la plus proche afin que le malade soit transporté en urgence à l'hôpital. On lui permet d'accéder au compartiment à bagages mais de sa valise censée contenir du matériel médical, il sort une arme, neutralise le personnel et fait sauter le coffre-fort contenant 500 000 $ puis, avant que le vol ne soit découvert, le docteur, son malade et la compagne de celui ci, prennent la route à bord d'une ambulance et disparaissent dans la nature. Alors qu'il s'apprêtait à partir en vacances au Mexique avec sa femme, Charlie Norman reçoit un appel au milieu de la nuit. Considéré comme le meilleur enquêteur de l'assureur qui l'emploie, c'est lui qui se voit confier l'affaire. Arrivé sur place, il retrouve une vieille connaissance, son ami Joe Armstrong. Ce détective travaillant pour les chemins de fer va mêler ses efforts aux siens et très rapidement ils payent. La police retrouve d'abord l'ambulance abandonnée puis les enquêteurs comprennent que les malfaiteurs ont pris la fuite en hélicoptère…
ImageImage
Ce film qui ne manque pas de qualités en possède au moins une assez rare, celui de ménager de gros effets de surprises qui vont obligatoirement prendre au dépourvu la majorité des spectateurs sans que pour autant les renversements de situation ou les évènements inattendus ne soient en rien invraisemblables. Le premier coup réussi, c'est ce casse audacieux perpétré par un homme à l'allure de notable (interprété par Wesley Addy, un des acteurs fétiches de Robert Aldrich qui l'employa 8 fois). C'est un soi disant médecin à l'allure distinguée et aux cheveux blanchis avant l'âge que vient chercher dans son compartiment le chef de train, si bien que l'effet de surprise est total lorsque le gangster qui n'en à pas l'air sort une arme de son sac, endort les surveillants en leur injectant un puissant somnifère puis fait sauter le coffre selon un timing manifestement très précis, masquant notamment le bruit de l'explosion en la déclenchant au moment du croisement avec un autre train. Après ce casse magistralement mis en scène, pendant une demi-heure, on pense que l'on se trouve dans un film policier classique. L'enquête menée conjointement par les deux amis débute de manière banale. On exploite la moindre trace laissée par les malfaiteurs. A proximité de l'ambulance retrouvée en pleine campagne, on trouve des traces de sang semblant indiquer qu'un des hommes a été blessé…
ImageImage
...Très vite, on retrouve et on interroge le chauffeur. Les voleurs avaient poursuivi leur fuite en hélicoptère…mais on retrouve l'entreprise de location d'ou provenait l'appareil et on interroge son gérant. C'est bien fait mais ce serait presque ennuyeux s'il n'y avait aussi en parallèle le portrait simple mais plein de justesse des Norman, un couple de quadra américain des années 50 manifestement toujours très épris l'un de l'autre et qui n'ont qu'une hâte, que l'enquête aboutisse pour qu'ils puissent enfin prendre leurs vacances au Mexique.

Et puis soudain, le film prend un virage totalement inattendu ! Puisque ce second effet de surprise est énorme, il serait criminel de le dévoiler ; aussi, comme annoncé plus haut, je vais mettre presque tout le reste en spoiler en précisant que les passages masqués contiennent des informations qui vont gâcher le plaisir de ceux qui veulent partir à la découverte d'un film avec un minimum d'informations.
Spoiler : Afficher
Ce second film réalisé par Mark Stevens est d'une grande richesse et va sans aucun doute faire penser à quelques classiques du genre. Il commence comme Quand la ville dort, se poursuit comme Assurance sur la mort. Le couple principal peut faire penser à celui de Pitfall et le film se termine dans une atmosphère qui rappelle La soif du mal. Ça suffit ? On a d'abord une illustration du très classique mythe du coup infaillible parfaitement planifié et minuté par un cerveau insoupçonnable qui avait cru pouvoir tout maitriser. Pour poser un maximum de remparts entre les enquêteurs et les auteurs du casse, il avait recruté une demi-douzaine de complices, pas vraiment des professionnels du crime et de surcroit des gens sans liens entre eux et ne se côtoyant pas. Le scénario a d'ailleurs l'intelligence de ne pratiquement jamais les mettre en présence et Mark Stevens pousse l'idée jusqu'à ne presque jamais montrer les malfaiteurs ensemble, y compris dans les séquences du casse. Lorsque l'affaire commencera à mal tourner, cet isolement ne les mettra de toute façon pas à l'abri…mais on comprendra donc qu'ici l'échec n'est pas causé par la trop grande cupidité d'un homme ou par la rivalité entre deux des membres qui se seraient disputé un trône ou une femme (même si cet aspect est un peu en arrière plan de la relation entre le cerveau et son "adjoint"). Certes, c'est bien une erreur humaine qui va mettre à mal le fameux plan infaillible mais la "bêtise" humaine est moins responsable que la fatalité. Ici, il suffira qu'un des complices se blesse accidentellement puis meurt, obligeant les autres membres de la bande à se mettre au vert au lieu de s'enfuir pour le Mexique immédiatement après le vol, pour que la machine parfaitement huilée se grippe. Cette mauvaise orientation des évènements, les laissant à la merci des détectives, contraindra les hommes à se montrer, à se rencontrer et conduira surtout à l'élimination parfois préventive de ceux qui pourraient permettre de remonter jusqu'au cerveau de l'affaire car ce dernier ne pourra pas rester sans réagir face au progrès de l'enquête.

C'est le moment de signaler qu'un des attraits de ce film, ce sont tous les seconds rôles remarquables que l'on y croise, notamment les complices du casse. La façon dont ils sont réintroduit dans le récit est très habile malgré une histoire assez compliquée mais maitrisée grâce à un scénario sans failles et très bien structuré. A l'évidence, les initiateurs du film ont voulu soigner les détails en offrant aux acteurs de complément -certes peu de scènes pour s'exprimer- mais elles sont toutes assez originales et toutes mémorables ce qui est assez rare dans ce type de série B. On découvre d'abord "le trouillard inofensif", c'est Frankie Paige (interprété par Jack Klugman). C'est un pauvre type recruté pour être le chauffeur de l'ambulance. Dans une pièce plongée dans la pénombre et presque dépourvue d'ameublement faisant par là même davantage penser à une cave qu'à un bureau, sous la présence menaçante des deux enquêteurs et aveuglée par la lumière crue d'un plafonnier, l'homme subit un interrogatoire typique du film noir. Sous le "phare", on a vu passer de nombreux pauvres types…et parfois des très connus ( Dick Powell, Dennis O'Keefe, Brian Donlevy, etc…) mais elle est ici admirablement mise en scène, brillamment dialoguée et surtout remarquablement interprétée par Klugman qui crève l'écran et vole la scène à ses 2 partenaires. Puis on découvre "L'homme qui en savait (peut-être) trop". C'est Al Wolfe (Alan Reed), le gérant de l'entreprise de location d'hélico. Il est au moins d'une scène remarquable. Il va subir une autre forme d'interrogatoire, beaucoup plus subtil cette fois…et plus dangereux aussi car se déroulant hors du cadre quand même protecteur des locaux de la police. Plus tard, dans la dernière partie du récit qui amène les différents protagonistes à Tijuana, on découvrira aussi Bobik (John Marley), le propriétaire d'un bar, falsificateur de papiers d'identité et escroc qui a quelques bonnes scènes (et qui pousse un très bon double dernier soupir :wink:

Enfin, il reste le couple de complices. Paul Brucker (interprété par Wesley Addy) était le faux médecin du train et l'avait réellement été…médecin mais il avait été radié à la suite d'une escroquerie et sans doute aussi en raison de son alcoolisme. Cet acteur a une belle présence mais on aurait pu attendre un peu plus de ce personnage d'homme déshonoré puis humilié par son chef…Il est d'une très longue scène ou il promène tout de même son élégance fragile et un coté faussement décontracté, tentant de dissimuler par des sourires de façade ses troubles profonds. Linda (Felicia Farr) doit y être pour quelque chose. Celle qui avait fait office de compagne du faux malade mais qui est surtout officiellement l'épouse de Brucker ne l'est plus vraiment car bien que vivant toujours avec son époux, elle est devenu depuis peu la maitresse d'un autre membre du gang sans que cela déclenche pour autant un sentiment de révolte chez son infortuné mari qui est davantage dans l'ironie que dans un esprit de reconquête. Cet aspect n'a manifestement pas intéressé ni le scénariste ni Mark Stevens et cela influe sur le rôle tenu par la quasi débutante qui n'en était alors qu'à son 2ème film pour le cinéma. C'était son premier rôle important mais elle a peu de matière pour s'exprimer et elle est même un ton en dessous des autres interprètes…ou plutôt au dessus car elle donne parfois l'impression de sur-jouer certaines scènes mais il faut dire que c'est sur elle que se reporte la fébrilité grandissante de son amant…et cette maladie là, la peur, est contagieuse. Cela dit, il est clair que l'autre personnage féminin intéressait davantage les initiateurs du film.

Ce second personnage féminin, c'est Ruth, l'épouse de Charlie Norman…et donc l'amant de Linda. En plus de sa double vie sentimentale, il est bien sûr aussi le cerveau du casse (je pense que cela fait un moment que l'on me voit venir malgré mes feintes). C'est l'autre grand thème de Timetable et c'est aussi un grand classique du film noir, y compris décliné comme il l'est dans ce film. L'homme de loi qui tourne mal…et qui est chargé d'enquêter sur le crime qu'il a lui-même commis…avec pour origine de son dérapage, l'usure d'un homme écrasé par l'ennui de la vie exemplaire et morne qu'il mène. En écrivant cela, je fais déjà des suppositions puisque jamais ou presque Norman ne fournit d'explications sur ses actes. Le film montre avec un maximum d'authenticité et de sincérité ce qu'il montre mais les actes ne sont jamais justifiés de manière commode pour le public éventuellement bien pensant ou ayant besoin de combler les vides. Ceux de Norman le resteront. On avait découvert dans la 1ère partie du film le quotidien banal d'un couple d'average american. C'est ainsi que le personnage interprété par Dick Powell dans Pitfall désignait son couple et sa vie "exemplaire" mais ennuyeuse. Si lui pouvait, au moins initialement, exprimer sa frustration, il n'en est rien du personnage interprété par Mark Stevens qui est totalement dans le mensonge et la dissimulation. On va en effet croire totalement à ce gentil couple semblant encore très lié. Ruth (Marianne Stewart) est une épouse douce et attentive et son époux semble au diapason, aussi on est d'abord très surpris de la réaction de Norman qui va un soir répondre avec brutalité à son épouse avant que le soir même sa double vie ne soit révélée. Avant cela, les plus attentifs auraient pu remarquer sa réflexion à double sens répondant à une marque d'attention de Ruth qui avait relevé les draps sur lui alors qu'il était allongé dans le lit : " What’re you trying to do, smother me? " (Qu'est ce que tu essaies de faire, m'étouffer ?) mais la plupart du temps Norman fait totalement illusion. La encore, le film présente toujours les mêmes qualités. Il est à la fois d'une grande justesse dans sa manière de montrer les relations entre les personnages tout en ne se privant de ménager des rebondissements inattendus. Plus tard, quand Ruth aura mis à jour la véritable personnalité de son mari et compris sa manipulation, il n'y aura ni grandes scènes dramatiques ni même de discours de Norman justifiant ses actes par, au choix ou en combinaison : l'usure du couple, les traites de la maison à payer, l'ennui du cadre à la vie trop réglée, le crise de la quarantaine ou même l'appât du gain (ou son envie irrépressible de profiter enfin de la vie avant l'arrivée de toute façon imminente des russes). Norman sera incapable de s'expliquer. Ne pouvant pas justifier ses actes, il va les expliquer de manière laconique, banale et expéditive…et honnête à sa manière.

Mark Stevens en tant que comédien s'est offert là un de ses meilleurs rôles, sinon le meilleur et en tous cas celui dans lequel il montre le plus de facettes différentes et il était absolument indispensable qu'il puisse être crédible dans tous les registres, et singulièrement qu'il puisse faire illusion comme mari et collègue exemplaire et insoupçonnable afin que l'effet de surprise initial soit total. Contrat parfaitement remplis. Il est excellent. Il est d'abord doux, attentif et aimant à la maison. Concerné, efficace et sérieux dans le travail mais souriant tout de même aux plaisanteries de son collègue et ami enquêteur qu'il réussira à berner avant que la nervosité ne commence à le gagner. Je n'ai pas encore évoqué King Calder mais il est lui aussi très bon en ami bienveillant, collègue parfois amusant mais très tenace et pouvant être dur, toutes ces nuances passant facilement sur un visage très marqué et très expressif. Timetable est un excellent film. On reconnait ses influences mais elles sont transcendées par le traitement original de situations déjà entrevues ailleurs et surtout par la mise en scène sobre mais remarquable de Stevens. Car c'est aussi comme metteur en scène que Mark Stevens donne des regrets de n'avoir pas pu poursuivre ce début de carrière très prometteur derrière la caméra car il est indéniable qu'il y avait dans ses deux premiers films de vrais qualités de cinéaste, notamment une vraie intelligence des scènes qui "sonnent" presque toujours très justes chez lui et une excellente direction d'acteurs qui leur permet d'exprimer surtout dans celui ci tout leur potentiel.
ImageImageImage

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 19 nov. 2015, 07:05

Belle et longue critique, que j'avais lue ailleurs. Bonne idée de l'avoir transférée ici. Un bijou de série B, que nous verrons peut-être un jour édité chez nous. Le film est sorti en dvd cette année chez Alpha video, mais la copie (non s/t) est plus que médiocre.

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 19 nov. 2015, 23:37

chip a écrit :Belle et longue critique, que j'avais lue ailleurs. Bonne idée de l'avoir transférée ici. Un bijou de série B, que nous verrons peut-être un jour édité chez nous. Le film est sorti en dvd cette année chez Alpha video, mais la copie (non s/t) est plus que médiocre.
Tu sais ce que j'en pense : les deux films noirs réalisés par Mark Stevens devraient être édité…mais malheureusement va falloir s'armer de patience.

Avatar du membre
chip
Messages : 665
Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:04

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par chip » 20 nov. 2015, 09:30

Je me demande quel éditeur pourrait exhumer ces films ? certainement pas Sidonis-Calysta ou Wild side, peut-être Artus films plus orienté vers la série B .

kiemavel1
Messages : 240
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Re: Timetable - 1956 - Mark Stevens

Message par kiemavel1 » 20 nov. 2015, 12:16

Oui, pourquoi pas Artus. À la limite, même s'ils n'ont pas accès au meilleur matériel possible, on ne leur en voudraient pas trop eu égard à la grande qualité des films. J'ai vu que tu leur as écrit ?

Répondre