[19/03/2019] Philadelphia Experiment (Bach Films)

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pak
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[19/03/2019] Philadelphia Experiment (Bach Films)

Message par pak » 20 mars 2019, 13:37

1943. La Seconde Guerre Mondiale fait rage. Au service de l’armée américaine, un groupe de scientifiques tente une expérience électromagnétique : rendre invisible un destroyer afin que les radars ennemis ne puissent le détecter. Le miracle semble possible, mais l'expérience échoue. Aspirés par un violent tourbillon, deux marins se retrouvent en l’espace de quelques secondes à des centaines de kilomètres de là. En plein Nevada, quarante ans plus tard…

A la base, ce film aurait dû être écrit et réalisé par John Carpenter, qui avait encore la cote malgré l'échec commercial de The Thing. Il en écrira une ébauche de scénario, incomplet, ce qui fera dire, encore aujourd'hui, que le film est de lui. En fait il ne reste pas grand chose de son script partiel, entièrement remanié et terminé par d'autres scénaristes. Il sera tout de même crédité en tant que producteur exécutif, ce qui sous-entend qu'il n'a eu aucun rôle créatif. Mais il est vrai que son nom est plus vendeur que celui du réalisateur du film Stewart Raffill, d'où son nom en gros sur la jaquette, mention relativement mensongère.

Ce qu'on sait moins, c'est que le film s'inspire d'une histoire vraie. Vraie dans le sens où une légende a longtemps perduré sur le fait que la marine américaine aurait mené des expériences en 1943 pour rendre invisibles ses bâtiments de guerre dans les chantiers navals de Philadelphie, d'où le titre. En fait la confusion entretenue par des mystificateurs sur le thème "invisible" a permis l'élaboration de toute une théorie sur la disparition d'un navire et les conséquences sur son équipage. En réalité, si le but était bien de rendre invisible un bâtiment, c'était magnétiquement, en utilisant un système exploitant le courant électrique pour rendre "invisible" une coque aux capteurs de mines et de torpilles magnétiques. Il ne s'agissait donc pas d'une recherche de disparition physique d'un bâtiment. L'expérience étant militaire, et donc secrète, certains y sont allés de bon cœur en étalant leurs fantasmes et mensonges, alimentant les rumeurs des thésards du complot et du paranormal.

Évidemment la trame du film reste fidèle à la thèse du secret militaire, nettement plus intéressante cinématographiquement parlant. Et pour le spectateur aussi d'ailleurs. Sans être raté, le film ne tient pourtant pas toutes ses promesses. Finalement l'intrigue repose surtout sur le dilemme du héros partagé entre son désir de retourner dans son époque et son amourette du futur. Héros bien interprété par Michael Paré dont la carrière va rapidement et inexplicablement bifurquer vers la série Z. Au niveau ambition, on est loin d'un Nimitz, retour vers l'enfer dont l'enjeu n'était ni plus ni moins que l'ingérence dans l'Histoire et ses conséquences futures (le dilemme étant ici de laisser ou non se produire a fameuse attaque de Pearl Harbor par l'aéronavale nippone). On pourrait aussi citer Terminator ou Les Guerriers de l'apocalypse, voire Retour vers le futur, des films qui posaient des questions liées au voyage temporel nettement plus pertinentes.

Encore que la fin de Philadelphia Experiment rehausse le film qui pédalait parfois à vide, et qui propose tout de même son lot d'émotion.

Dans sa nouvelle collection "Culte 80", Bach Films propose pour la première fois le film en Blu-ray, édition qui remplacera qualitativement les différentes éditions parues en DVD depuis 1999. Elle aura pour forme celle d'un Mediabook, combo DVD/Blu-ray (pas d'édition DVD seule), contiendra un livret de 24 pages compilant une retranscription du dossier de presse, des interviews, bios, et photos, un entretien vidéo avec les réalisateurs Julien Maury et Alexandre Bustillo, et des bandes-annonces (j'imagine de la collection). VF et VOst.

A noter que la collection propose pour chaque titre deux éditions, l'une reprenant le visuel de l'affiche cinéma de l'époque de la sortie salles, l'autre un visuel actualisé.


Visuel type années 1980 :
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Visuel réactualisé :
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Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

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