Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

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Cole Armin
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Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par Cole Armin » 25 août 2019, 09:30

Sidonis va éditer une série de films avec Charles Bronson en DVD et Blu-Ray :

Le 26/10/2019 :
Un justicier dans la ville (Death wish) 1974 de Michael Winner avec Hope Lange
Un justicier dans la ville 2 (Death wish II) 1981 de Michael Winner avec Jill Ireland
Les Baroudeurs (You Can't Win 'Em All) 1970 de Peter Collinson avec Tony Curtis et Michèle Mercier (DVD uniquement)

Le 08/11/2019 :
Le Messager de la mort (Messenger of death) 1988 de Jack Lee Thompson
Le cercle noir (The stone killer) 1973 de Michael Winner avec Martin Balsam

Une campagne de financement participatif débutera le 29/08 sur kisskissbankbank et permettra sans doute de bénéficier d'un pack des 5 films :
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kiemavel1
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par kiemavel1 » 25 août 2019, 11:37

C'est pak qui va être content !
Manque plus que les intégrales Dolph Lundgren, Steven Seagal, Chuck Norris et Lorenzo Lamas :mrgreen:

Bon, c'est pour filer encore ma pauvre vanne mais n'empêche que même à 15 ans je haïssais déjà ce registre là de Charlie la menace. ça n'intéresse personne, ok, mais j'éprouvais un besoin irrépressible de le dire :wink:

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pak
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par pak » 25 août 2019, 13:52

Oué ! ! !

Content !

Ceci dit, la sélection fait un grand écart entre le regardable et l'alimentaire.

Très franchement, Le Justicier dans la ville, premier du nom, souffre depuis trop longtemps d'une sale réputation injuste. C'est un drame social qu'il faut remettre dans son contexte, celui de l'insécurité du New York de l'époque. Bronson n'y est pas le monolithe froid et sans pitié. Il joue un personnage qui souffre, et souvent dépassé par ce qu'il déclenche. Et contrairement à ce qu'on peut lire un peu partout, le film est bien plus subtile qu'il n'y parait, et surtout moins conventionnel que la plupart des polars, car la fin n'est pas celle du gentil qui a fini par attraper et/ou zigouiller tous les méchants impliqués.

On est très loin des suites, de moins en moins humaines, de plus en plus ridicules. Il aurait fallu en rester là, avec sa fin ambiguë, qui aurait laissé le spectateur spéculer sur l'évolution du personnage : rangé des voitures, rongé par la culpabilité, ou psychopathe assermenté. Bon, les suites, dès le deux d'ailleurs, ont donné la réponse, c'est bien dommage.

Après ça reste un film sur l'auto-justice, comme il en a plu depuis les années 1970 (et notamment après ce premier justicier). Aussi on peut comprendre que ça heurte, notamment dans nos contrées plus portées sur un certain respect de l'appareil judiciaire (et puis ça reste du cinéma, alors on grossit le trait). Mais même récemment, avec ce genre de film assez typiquement américain, le pilule ne passe pas bien. Je me rappelle des critiques plus que mitigées lorsque Neil Jordan sortait en 2007 À vif (The Brave one) avec une Jodie Foster qui décide de faire justice elle-même à coup de revolver. Même réaction épidermique pour Death sentence de James Wan, sorti quelques mois plus tard, issu d'un roman du même auteur qui a inspiré Un justicier dans la ville. Bon, ce n'était pas spécialement réussi, par contre on avait eu droit à une interprétation dantesque de Kevin Bacon, complètement ravagé à la fin du film.


Sinon, du lot, Le Cercle noir est un bon polar, plus proche de l'univers d'un certain Dirty Harry. C'est l'un des meilleurs films du duo WInner / Bronson.

Longtemps que je ne l'ai pas vu, j'ai un bon souvenir du film Les Baroudeurs, film d'aventures à l'ancienne où Bronson forme un bon duo avec Tony Curtis, et qui est loin des films de justiciers. Avec l'originalité de ne pas nous embarquer dans la révolution mexicaine comme c'était la mode à l'époque, mais plutôt dans le cadre plus original de la guerre entre les Turcs et les Grecs au début des années 1920.


Du lot, Le Messager de la mort est le plus dispensable. On est dans la fin de la carrière de l'acteur. Depuis le début de la décennie 1980, l'acteur se fout éperdument de ce qu'il tourne. Il a signé avec la Cannon, et prend ce qu'on lui donne, tournant de plus en plus avec un autre vétéran qui s'en fout tout aussi royalement, le réalisateur J. Lee Thompson. Il change quand même un peu de registre dans Le Messager de la mort, puisqu'il y est journaliste et sans flingue, mais ça s'inspire vaguement de Witness de Peter Weir, et là on est nettement loin du compte...


Mais je soutiendrai l'effort, ne serait-ce que dans l'espoir de voir un jour des films comme Chasse à mort (Death hunt) de Peter Hunt, le dernier bon film de Bronson, ou, pour accompagner la sortie imminent du film De la part des copains (Cold sweat) de Terence Young de l'excellente collection "Make my day ! ", d'autres titres des années 1970 comme Mister Majestyk de Richard Fleischer, Le Bagarreur de Walter Hill, Un espion de trop de Don Siegel ou encore Avec les compliments de Charlie de Stuart Rosenberg.


:mrgreen:
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par kiemavel1 » 25 août 2019, 15:52

pak, ce qu'il dit de ces films, c'est plus intéressant que les films eux mêmes … peut-être bien surtout par rapport à la perception que j'en ai. Honnêtement, tout ce dont je me rappelle c'est de n'avoir jamais été très loin dans ces films assez fréquemment diffusés dans les 8oth, et peut-être même encore après. Sauf effectivement le premier des "justicier" que j'ai du voir en entier, preuve que ça devait être regardable, même pour un "fragile" comme moi, assez hostile aux déferlements de violence avec armes et même seulement avé coups de pied retournés. L'une des dernières fois que j'ai quitté une salle, c'était pour un film français se passant au 18ème siècle quand un indien chinois :mrgreen: s'en prenait à un gars de chez nous avec des coups venus d'ailleurs (Le pacte des loups) et surtout pas homologués dans le manuel du savoir s'entretuer entre gentilhommes :evil: :wink:
#abaslescoupsdesavatesintempestifs

Comme souvent, peu après, on a eu les nôtres de "films de banlieue" mais puisque tu parles de films en phase avec leur époque, dans le genre on peut préférer De bruit et de fureur, Les chiens, Série noire, etc … à Rue barbare. Or - à tord ou à raison - c'est plutôt à ça que les Charlie me font penser

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pak
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par pak » 25 août 2019, 19:35

Sûr que les films de Brisseau et Corneau n'ont que peu de rapports avec la vision américaine des problèmes de la délinquance.

Mais c'est culturel. Le fait d'avoir construit le pays à coups de revolvers allié à la facilité d'acheter des armes font que les fictions américaines se calent sur ce schéma. Les polars plus ou moins musclés des années 1970-80 sont en quelque sorte les héritiers des westerns, devenus ici plus urbains. Mais la mécanique est la même. Après tout, dans un paquet de westerns, le personnage principal se fait souvent justice tout seul, soit parce qu'elle n'existe pas cette justice, soit parce que la justice locale est corrompue. Ce n'est quand même pas une généralité qu'un western finisse par la mise en prison, voire le procès, des malfrats (même si ça arrive).

En France, n'importe quel film montrant un gus commencer à défourailler en toute impunité dans les cités des banlieues serait déjà traité de film réactionnaire, et en plus perdrait en crédibilité. La différence entre les films disons de banlieue entre les deux côtés de l'Atlantique, c'est que les personnages côté français subissent la société dans laquelle ils vivent, alors que les américains sont plus en réaction.

Un film dont le personnage voit sa femme et sa fille violées et tuées suscite le désir de vengeance chez les américains avec la boucherie qui va avec, en France, ce serait plutôt la dépression nerveuse, l'alcoolisme, un peu comme dans les premiers films d'Olivier Marchal, démarche qu'il a piqué à Corneau.


Pourtant dans les années 1970-80, il y a eu quelques tentatives de films d'action français où le personnage principal va tenter de se faire justice, comme L'Agression de Gérard Pirès ou Légitime violence de Serge Leroy ; on a eu droit aussi à une tendance polar violent à l'américaine (mais avé notre sensibilité à nous) comme L'Arbalète avec Daniel Auteuil qui essayait de sortir des rôles du gentil dragueur, d'où des tentatives comme L'Indic aussi (allez, courage, Jean de Florette n'est plus très loin... ). Je pense aussi au film Le Faucon (et pas Faux Con) avec Francis Huster, ou Parole de Flic avec Delon qui fera quand même 2,5 millions d''entrées, chant du cygne de l'acteur dans le film d'action, dont la cote à l'écran va rapidement dégringoler (son polar suivant, Ne réveillez pas un flic qui dort va faire trois fois moins). Bref, tout ça n'a pas été de franches réussites, même que ça frisait, déjà à l'époque, parfois le ridicule. Le pompon, je crois que c'est Cross de Philippe Setbon, sorti en 1987, dans lequel on voit un flic pur et dur, campé par Michel Sardou ( :shock: ) traquer un tueur joué lui par Roland Giraud ( :shock: bis) avec lequel il fera équipe pour poursuivre un psychopathe : et y a des producteurs qu'ont payé quand même ! Le film est tellement c... qu'il ne repasse quasi plus depuis sa sortie en salles. Pas même dispo en DVD (sauf en Allemagne : un test commercial ? ).

Sinon j'aime bien certains films atypiques des années 1980. Rue barbare est l'un de ceux-là. Bon, pas revu depuis sa VHS. Il a un côté onirique, dans le sens où finalement on ne sait pas trop où l'histoire se déroule, ni trop quand (bon, les images clouent le film aux années 1980), dans quelle société : ça pourrait presque être un film d'anticipation, dans les bas-fonds d'une société quelconque d'un futur proche...


Heu, bon, on est loin de Bronson...
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chip
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par chip » 25 août 2019, 21:09

Bof! c'est tout bon pour mon portefeuille...on se console comme on peut...j'en toucherai deux à notre éditeur bien-aimé ( ?) en janvier, s'il vient toujours festoyer avec les membres de WM.

kiemavel1
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par kiemavel1 » 26 août 2019, 22:32

chip a écrit :
25 août 2019, 21:09
Bof! c'est tout bon pour mon portefeuille...on se console comme on peut...j'en toucherai deux à notre éditeur bien-aimé ( ?) en janvier, s'il vient toujours festoyer avec les membres de WM
Tu ferais bien car cette année, sur le film noir, on a pas vu grand chose.
C'est probablement les ventes "mirifiques" de son beau coffret avec moitié de films déjà édité qu'il a du mal a digérer. Doit avoir du mal à les écouler. Honnêtement j'ai failli craquer mais ça me gave de devoir revendre L'encyclopède de Brion achetée par ailleurs + tous les DVD que j'ai déjà, c'est à dire plus de la moitié des films

@pak

En ce qui concerne les réponses différentes données des 2 cotés de l'Atlantique aux problèmes de délinquance, tu exagères un peu quand même le traitement du problème en France, même si tu évoques les revenge movies qui n'existent presque pas chez nous, c'est vrai. IL y a bien un chef d'œuvre dans ce que tu évoques (viols, meurtres des femmes et filles) mais c'était des nazis donc pas de problèmes pour les descendre impitoyablement :wink: : Le vieux fusil.

Sinon, plutôt que les dépressions, suicides et autres retournements sur soi, les réponses cinématographiques me semblent plus politiques et sociales. Même Les chiens de Jessua est sur cette ligne là. Si tu ne connais pas, un médecin de banlieue constatant que de plus en plus de patients viennent le consulter pour des morsures de chiens se rend compte que nombre d'habitants font dresser leurs Klebs pour se protéger. Donc ici, on est pas si loin des réponses américaines même s'il ne s'agit par d'armes, ou si mais d'armes par destination. Par contre, bien évidemment le film dénonce le phénomène purement fictionnel (je pense)

Encore une fois, quand je te croise, je dois noter bcp de films pas vus (ta liste de films français) même si jadis j'en ai vu certains dont Rue Barbare , effectivement à l'ambiance presque futuriste. Mais je me rappelle que c'était aussi le cas à l'époque dans certains des films américains qui avaient surfé sur les grandes révoltes dans les banlieues américaines (me souvient pas des titres de ces films)

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pak
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Re: Sidonis : Cycle Charles Bronson : Le justicier dans la ville, Le cercle noir, Les Baroudeurs...

Message par pak » 28 août 2019, 12:35

Heu, y en a quelques uns, je les cite parce que je les ai vu, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut forcément les voir... :lol:

Pour continuer, disons que la réponse américaine est, certes, plus simpliste, mais préfère traiter un problème en l'éradiquant, d'où un cinéma de genre qui perdure, dans lequel les bad guys finissent généralement mal, régulièrement de manière spectaculaire. Pas pour autant que dans le réel la vie s'améliore, mais le temps un film, une sorte d'effet catharsis a rassuré ou conforté l'américain moyen.

En France, la réponse est plus politique ou sociale, oui, mais en forme de constat d'échec, du moins c'est mon impression. Alors que le mal est "fictionnellement" vaincu dans le cinéma hollywoodien, il ne l'est pas forcément chez nous, limite rarement d'ailleurs.

Brisseau, dans son magnifique De bruit et de fureur (à mes yeux, il n'a jamais fait aussi bien), est l'exemple même de ce que j'essaye d'expliquer. La poésie du regard ne peut résister à la misère sociale, et la situation des protagonistes sera mille fois pire à la fin qu'au début du film. Pas plus radical comme constat d'échec. Et 7 ans plus tard, avec La Haine, Mathieu Kassovitz, malgré ses tics de mise en scène plus maniérés, ne fait que creuser le même sillon, avec une conclusion différente dans la forme mais identique dans le fond.

Ces deux exemples ne font que suivre une tradition cinématographique à la française. Giovanni le faisait déjà, notamment à travers son film Deux hommes dans la ville. Certes le trait est forcé à travers un destin et un flic qui s'acharnent. Mais ces deux derniers sont la représentation de la chape sociale écrasant une couche de la population depuis des lustres. On pourrait ainsi remonter le temps, avec par exemple Chiens perdus sans collier dans les années 1950 ou L'Enfer des anges à la fin des années 1930 dans lequel on parlait, déjà, de bandes de la cité livrées à elles-mêmes vendant de la drogue : sûr que si le film était sorti en 1939 au lieu d'attendre 1941 et la vision de Vichy, la fin aurait été on ne peut plus dramatique dans le montage final.

Une fatalité sociale cinématographique née en grande partie de Carné et Prévert, même si ou pourrait aussi parler du plus méridional Toni de Renoir. Une vieille tradition...

On retrouve un peu de ça dans le cinéma américain d'avant-guerre, notamment à cause de la crise économique, et dans le film noir d'avant les années 1960, même si quelquefois des cinéastes plus récents gardent cette noire vision de leurs héros (voir notamment le désespéré Little Odessa, premier film de James Gray). Mais les années 1980 ont forgé un cinéma américain de héros plus gros bras qui perdure aujourd'hui, et ce n'est pas la vague des super héros en tous genres qui va changer la donne, même si un Nolan tend vers plus de noirceur avec sa trilogie Batman (mais c'est dans l'ADN du personnage), qui finit de toutes manières par triompher. Dans le super héros, Watchmen est intéressant dans le sens où c'est le négatif nettement plus pessimiste des Avengers et autres X-Men, qui s'inscrit d'ailleurs dans l'Histoire du pays (voir le long générique de début posant le contexte social et politique), certes uchronique, mais qui dans un certain sens renoue avec le film noir traditionnel, mais avec des capes à la place des imperméables ( :mrgreen: ). Oui faut oser la passerelle entre les deux genres : mais finalement, il y a une sorte de continuité, du western au film noir, du film noir à son pendant plus musclé tendance "revenge movie", pour arriver au cinéma de super-héros.

Bon, je ne pensais pas aller aussi loin en évoquant Bronson et ses rôles de justicier... :mrgreen:
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Michel Audiard

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