Le cascadeur Rémy Julienne est mort à l’âge de 90 ans

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pak
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Le cascadeur Rémy Julienne est mort à l’âge de 90 ans

Message par pak » 22 janv. 2021, 13:29

C’est l’homme que l’on ne voit presque pas voire jamais, et pourtant ses apparitions sont spectaculaires, et parfois même restent à jamais imprimées dans notre esprit, c’est le métier qui sort d’une vieille tradition française de système D et d’artisanat et qui trouve sa source aux débuts du cinéma.

L’homme c’est Rémy Julienne, le métier, c’est celui du cascadeur.

Et l’homme s’en est allé, à 90 ans, ce 21 janvier, à Montargis, lui qui a passé sa vie à la risquer devant les caméras, qui a survécu à deux infarctus du myocarde. Il aura finalement succombé à l’attaque du virus Covid-19, qui n’en finit plus de tuer. Il est parti rejoindre ces casse-cous qu'étaient Gil Delamare trop tôt disparu, Guy Delorme, Claude Carliez, Yvan Chiffre ou Gérard Streiff.

Rémy Julienne et son équipe sont intervenus dans plus de 1 400 productions, dont environ 400 films. Il a participé à l’exécution et/ou la préparation de cascades pour de nombreux films français entre les années 1960 et 1980, époque à laquelle on savait encore faire des films de genre autre que le comique. Sa renommée était telle que les producteurs des James Bond feront appel à lui dans les années 1980 : souvenez-vous le semi-remorque basculant sur un côté en roulant sur une seule rangée de roues, cascade jusqu’alors tentée seulement en voiture, dans Permis de tuer, ou la voiture de Bond « décapitée » puis coupée en deux dans Dangereusement vôtre. Mais ce ne sont pas les seuls moments mémorables qu’on lui doit, perpétuant ainsi une tradition d’un certain cinéma populaire à grand spectacle, d’ailleurs Jean-Paul Belmondo accroché à bout de bras à son hélicoptère dans Le Guignolo en 1980 ne rappellait-il pas Harold Lloyd suspendu à l'aiguille d’une horloge d’un gratte-ciel dans Monte là-dessus ! sorti en 1923 ?

Et puis quoi, c’est truqué les cascades ? Mais c’est comme la magie, on sait qu’il y a un truc, mais on est quand même bluffé par la prestation. Parce que cela reste potentiellement crédible, puisque fait en réel. Pas comme le numérique qui a remplacé ¾ des cascades quand ce n’est pas la totalité dans un film actuel, permettant certes tout, mais surtout n’importe quoi.

Avec le décès de Rémy Julienne, c’est un peu de la magie du cinéma qui s’en va avec lui, même si ses deux fils et même l’un de ses petits-fils perpétuent son œuvre en continuant l’aventure de la cascade. Merci à eux. Merci à lui…


Rémy Julienne avec Jean-Louis Trintignant sur le tournage du film Une journée bien remplie en 1972.

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Jean-Louis Trintignant : "Si Rémy me disait: 'Quand tu es à 180 km à l'heure, tu te jettes avec la voiture, de face, sur le mur', je ne lui demanderais aucune explication. (...) Je le ferais en toute confiance. Et j'aurais raison de le faire, il ne m'arriverait rien de mal".


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Rémy Julienne (17/04/1930 - 21/01/2021)
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard