Ulysse (Ulisse) - Mario Camerini - 1953

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pak
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Ulysse (Ulisse) - Mario Camerini - 1953

Message par pak » 09 juin 2013, 22:33

Ulysse (Ulisse)
Mario Camerini et Mario Bava (quelques scènes) (1953)

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Interprètes principaux :

Kirk Douglas (Ulysse)
Silvana Mangano (Circé/Pénélope)
Anthony Quinn (Antinoos)
Rossana Podestà (Nausicaa)
Mario Feliciani (Eurymaque)
Piero Lulli (Achille)
Ferruccio Stagni (Mentor)
Alessandro Fersen (Diomède)
Oscar Andriani (Calops)
Umberto Silvestri (Polyphème et Cracos)
Jacques Dumesnil (Alcinoos)
Daniel Ivernel (Euryloque)
Franco Interlenghi (Télémaque)
Sylvie (Euriclée)
Elena Zareschi (Cassandre)
Ludmila Dudarova (Arétè, mère de Nausicaa)
Aldo Pini (Polites)...

Scénario : Franco Brusati, Mario Camerini, Ennio De Concini, Hugh Gray, Ben Hecht, Ivo Perilli et Irwin Shaw, d'après L'Odyssée d'Homère

Musique : Alessandro Cicognini

Production : Dino De Laurentiis et Carlo Ponti / Lux Film, Producciones Ponti-de Laurentiis, Zénith Films et Paramount Pictures

Coproduction Italie-France-États-Unis

Distribué par Lux Film (Italie) / Lux Films (France) / Paramount Pictures (États-Unis)


Sortie Italie : 06/10/1954 - Sortie France : 23/11/1954 - Sortie États-Unis : 17/08/1955



Le sujet : Ulysse, roi de l'île d'Ithaque, est parti depuis longtemps pour participer au siège de Troie. Après la prise de la cité, son voyage de retour par la mer va être retardé par de nombreux dangers. Pendant ce temps, à Ithaque, sa femme Pénélope doit affronter d'autres épreuves : intéressés par l'accession au trône, de multiples soupirants, affirmant qu'Ulysse est mort, la pressent de prendre époux...


Ce que j'en pense :

Si l'on en croit Kirk Douglas, l'acteur serait devenu très amoureux de sa partenaire du film à sketch Histoire de trois amours (The Story of three loves, 1953), Pier Angeli, jolie actrice italienne à la carrière hollywoodienne météorique dans les années 1950 pour la MGM, vite repartie tourner en Europe et disparue prématurément à l'âge de 39 ans, alors que sa carrière périclitait, d'une violente réaction allergique à une injection de tranquillisant (des rumeurs de suicide ont alors circulé, l'actrice ayant des problèmes nerveux et d'argent). Toujours est-il que Douglas aurait signé un contrat de 3 films pour travailler en Europe et la rejoindre, ce qui n'empêchera pas la belle d'épouser en 1954 l'acteur-chanteur italo-américain Nic Damone, mariage qui durera à peine 4 ans. Pour la petite histoire, l'actrice fut surtout éprise de James Dean, avec qui elle eut une liaison, relation sur laquelle de fortes rumeurs de mariage circulèrent, mais, âgée d'une vingtaine d'années à l'époque, Pier fut ramenée à la raison, et à la maison, par sa mamma peu motivée par les manières du jeune acteur, star rebelle et de surcroit bien peu croyante, critère rédhibitoire pour une mère italienne ! Pier Angeli aurait déclaré peu de temps avant son décès, que son seul amour fut James Dean... Ceci dit, Kirk n'aura pas fait le voyage pour rien, puisque pendant son périple européen, durant le tournage d'Un acte d'amour (Act of love, 1953, d'Anatole Litvak), il rencontrera sa seconde épouse, Anne Buydens, une attachée de presse, avec laquelle il partage depuis sa vie.

Mais trêve de potins mondains, et revenons à notre film. Dans les trois concernés par le contrat de Douglas figurait cette adaptation des aventures d'Ulysse (le dernier du trio). Réalisé par un vieux routier du cinéma italien (il a débuté dans les années 1920), Mario Camerini, ce film s'inscrit dans la vague déferlante des péplums italiens et européens qui inondèrent les salles de cinéma durant presque 20 ans, genre relancé, non pas par les italiens, mais bien par les américains qui cherchaient, au début des années 1950, des sujets spectaculaires pour contrer l'influence envahissante de la télévision au détriment de la fréquentation des salles obscures. Même s'il a réalisé l'un des derniers films muets d'une des figures du genre, Maciste, en 1926, Camerini n'est pas un habitué du film en jupettes, mais un réalisateur qui fut l'un des cinéastes italiens majeurs de l'entre-deux-guerres, et, avec ses peintures sociales, un des précurseurs oubliés de ce que sera le néoréalisme italien des années 1940-50, mouvement qui, paradoxalement, mettra son inspiration en berne, puisque puisant ses sujets dans un monde petit bourgeois qui n'existera plus ou qui n'intéressera plus dans l’Italie libérée du fascisme. Camerini se rabattra donc sur du cinéma plus populaire, de moins en moins personnel.

Généralement scénariste de ses propres films, Camerini s'inspire donc de la fameuse Odyssée, l'épopée grecque du poète antique Homère. Cette épopée est un récit dense réparti en 80 chants, relatant 10 ans d'errance, ponctuée de faits héroïques ou présentés tels quels, durant laquelle Ulysse rencontre nombre de personnages mythologiques. Adapter celle-ci en un scénario pour un film durant moins de deux heures est donc une gageure. Autant le dire de suite, l'auteur n'y est pas parvenu. Peu impliqué, celui-ci n'a retenu que quelques épisodes, les plus emblématiques et connus, offrant un récit étrangement découpé, pas toujours très cohérent dans son montage, sans véritable liant, et bien trop sage. Il faut dire qu'en réalité, ils s'y sont mis à sept pour écrire le scénario, et comme souvent pour ceux écrits à plusieurs mains, il n'en sort généralement qu'un produit sans âme...

Camerini débute par une évocation de la guerre de Troie, durant laquelle Ulysse s'illustra puisque c'est de lui que vient l'idée du fameux cheval à partir duquel il mena l'assaut fatal pour la cité. Bâclé et quasi anecdotique dans le film, cet épisode aurait pourtant été un moyen spectaculaire de débuter le film. Il a toutefois le mérite de montrer le héros tel qu'il est : vaniteux et impitoyable, seul acteur de la malédiction qui va s'abattre sur lui.

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Puis le cinéaste opte pour une structure en flashback typique du cinéma italien. Le héros échoue suite à une terrible tempête sur la côte rocheuse de Phéacie où il est découvert à moitié mort par Nausicaa, fille du roi de l'île. Assez fidèle à Homère de ce point de vue, on se demande pourquoi Camerini fait alors d'Ulysse un amnésique oublieux jusqu'à son nom, qui va voir ses souvenirs revenir peu à peu, alors qu'en réalité il cache son identité à ses hôtes tout en devenant fortement mélancolique dès lors que la guerre de Troie est évoquée. Un ressort dramatique ignoré et pourtant fort, peut-être dans une volonté de montrer un héros fort qui combat son amnésie avec la même détermination que celle montrée lors de ses nombreuses aventures ?

Toujours est-il que c'est caractéristique de ce film, où l'auteur semble partagé entre la fidélité à Homère (l'odyssée originale étant presque un scénario elle-même où batailles, amours, trahisons, courage, monstres et péripéties perpétuelles se mêlent avec une volonté évidente de construire une histoire passionnée et passionnante), et un réaménagement narratif pour un spectacle calibré au service de sa star. Le résultat à l'écran est une espèce de pot-pourri des avatars d'Ulysse (le cyclope, les sirènes... ), parfois trop simplifié : il y a confusion entre Circé, sorcière qui transforme les compagnons d'Ulysse en cochons, et Calypso, nymphe qui offre l’immortalité au héros et qui le retient sept ans, les deux finissant dans les bras de ce dernier, apparemment nettement moins fidèle que son épouse Pénélope repoussant durant des années les assauts de nombreux prétendants avides de pouvoir.

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La notion de temps est d'ailleurs très mal gérée. Ulysse est censé être parti vingt ans (dix ans de guerre à Troie, auxquels s'y ajoutent dix ans de plus d'errance). Jamais on ne ressent cette unité de temps dans ce film, le récit étant trop haché. De même les ressorts dramatiques sont ratés, et cela se ressent très bien lorsque notre héros voit les ombres des morts comme Ajax ou Achille, évoquant leurs relations durant la guerre, mais comme le réalisateur a zappé celle-ci, cela tombe à plat et ne parle qu'à ceux qui en ont des notions.

Il y a donc beaucoup à redire sur cette adaptation d'Homère, et pourtant, on se laisse relativement séduire à sa vision. Déjà parce que la scène avec le cyclope est assez réussi, malgré l'aspect vieillot des effets spéciaux qui pourtant restent plaisants pour un film de cette époque (on zappera toutefois avec indulgence la fabrication du vin par Ulysse et ses compagnons, qui consiste à recueillir le jus de raisin pressé par leurs pieds pas bien propres... Pas de quoi enivrer, même un Cyclope... Dans l'Odyssée, le vin provient du pillage de la cité des Cicones, épisode escamoté comme d'autres, pas tellement glamour pour l'image d'Ulysse il est vrai). Ensuite parce que Camerini évite relativement bien le kitch malgré quelques couleurs criardes, en refusant toute représentation des dieux grecs (un peu comme le fera 50 ans plus tard Wolgang Petersen avec son film Troie), et épargne ainsi à son long-métrage des moments ridicules qui plombent certains péplums, voir des films plus récents (le Thor réalisé en 2011 par Kenneth Branagh, ou le navrant Choc des titans de Louis Leterrier, en 2009). On appréciera aussi l'ironie sous-jacente du retour d'Ulysse, montrant le héros tester la fidélité d'une femme qui l'a attendu deux décennies alors qu'il est loin d'être un modèle de vertu. Ironie aussi présente dans la fin, brutale, durant laquelle il n'est alors pas certain que le héros ait retenu quoique ce soit de ces aventures, plus tragiques qu'héroïques, durant lesquelles il a multiplié les erreurs.

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Et puis il y a Kirk Douglas, offrant une composition impliquée, occultant l'aspect parfois risible de ses tenues proches de la couche-culotte, donnant un avant-goût de ses prestations costumées dans Les Vikings (The Vikings, 1958, de Richard Fleischer) et Spartacus (1960, de Stanley Kubrick), nettement meilleurs. Il fait d'Ulysse un type peu fréquentable, égoïste, jouisseur et fier-à-bras (c'est nettement visible lorsqu'il est amnésique, ne pouvant s'empêcher de se mettre en valeur), qui semble rentrer chez lui, plus pour retrouver ses privilèges que ses proches...


Un film que j'avais adoré gamin, nettement moins aujourd'hui...


Note : 11/20.



Film disponible en DVD chez Studiocanal (sortie le 7 septembre 2010) - Une première édition a existé chez Hachette Filipacchi FIlms (sortie le 12 janvier 2000).

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Modifié en dernier par pak le 30 juin 2013, 10:45, modifié 1 fois.
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

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Message par pak » 09 juin 2013, 22:46

Quelques photos couleurs :

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Des photos couleurs de l'exploitation allemande :

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Message par pak » 09 juin 2013, 23:02

Le film étant très connu, il a eu droit à plusieurs re-sorties, d'où une ribambelle d'affiches..

- Françaises :

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- Italiennes :

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- Allemandes :

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- Américaines :

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- Espagnoles :

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- Belge :

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- Britannique :

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- Divers :

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Michel Audiard

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Message par pak » 09 juin 2013, 23:07

Deux séries de lobby cards :

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Michel Audiard

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Message par pak » 09 juin 2013, 23:14

Bon ben maintenant une série de photos N & B :

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Le fameux Cyclope du film :

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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par U.S. Marshal Cahill » 10 juin 2013, 19:07

Magnifique Pak ! bravo pour cette foison d'illustrations :D
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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par pak » 12 juin 2013, 00:10

:D Merci !
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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par lerebelle » 28 juin 2013, 08:16

Quel talent l 'ami pak, l' a il ce déchaine, bio + photos + affiches ,excellent, quand à moi j 'adore encore ces vieux péplums, je les ai vu pour certains au cinéma dans ma jeunesse, comme le tout premier Hercule à sa sorti en france en 1959. R :wink:

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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par U.S. Marshal Cahill » 29 juin 2013, 08:44

et à propos d'Ulysse en ce moment les jeudi sur Arte une série de 10 épisodes intitulée Odysseus très bien faite (décors, bons acteurs...)
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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par pak » 30 juin 2013, 10:56

lerebelle a écrit :Quel talent l 'ami pak, l' a il ce déchaine, bio + photos + affiches ,excellent, quand à moi j 'adore encore ces vieux péplums, je les ai vu pour certains au cinéma dans ma jeunesse, comme le tout premier Hercule à sa sorti en france en 1959. R :wink:
Merci cher rebelle.

Effectivement, moi aussi j'ai une tendresse particulière pour les films de ma jeunesse. Mais ces péplums n'en font pas partis, je n'étais pas né à leur sortie en salles ! :D
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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par lerebelle » 12 juil. 2014, 03:43

pak ,je te répond apres plus d' un an de retard ne venant que tres rarement sur ce forum, et bien oui le fait d 'avoir tres bientot 64 ans, m 'a permis d 'apprécier ces films à leurs sorties et plus d' un demi siecle plus tard de les avoir garder en mémoire, du moins pour certaines scenes, je les revois toujours avec grand plaisir. R :wink:

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Re: Ulysse - Ulisse - Mario Camerini - 1953

Message par pass » 30 déc. 2014, 17:58

Première représentation à Paris le 23 Décembre 1954 en VF et VO .

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