The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

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kiemavel1
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The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

Message par kiemavel1 » 09 juin 2015, 00:03

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Réalisation : Val Guest / Production : Hal E. Chester / Distribution : Republic Pictures / Scénario : Hal E. Chester et Hugo Freiberger / Photographie : Reginald H. Wyer / Musique : James Stevens

Avec Steve Cochran (Mark Andrews), Lizabeth Scott (Elsa Jenner), Herbert Marshall (MacKenzie), Nicole Maurey (Vivienne), Jon Whiteley (Erik Jenner), George Cole (Joshua Henry)

En jouant avec ses camarades dans les ruines d'un immeuble bombardé pendant la guerre, le jeune Erik Jenner, huit ans, trouve un pistolet scellé entre les briques d'un mur éventré. La trouvaille attire la convoitise d'un des autres enfants, les deux garçons se la disputent et au cours de la lutte, un coup de feu part accidentellement tuant le camarade d'Erik. Traumatisé par cette mort, l'enfant s'enfuit et erre dans les rues de Londres, s'efforçant d'échapper à la police tout en essayant de rentrer en contact avec sa mère. L'analyse balistique reliant l'arme utilisée par Erik à l'assassinat non résolu d'un militaire américain tué 10 ans plus tôt, deux enquêteurs de l'armée américaine se lancent à sa recherche…tout comme le meurtrier alarmé par la réapparition de l'arme du crime.
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Film policier, suspense, film noir, The Weapon est tout ceci à la fois. C'est une collaboration anglo-américaine. Coté américain, il y avait le producteur Hal E. Chester, à l'origine d'un film dont il co-signait le scénario. Comme producteur et souvent co-auteur, on lui doit notamment The Underworld Story et Crashout ou hors film noir Rendez-vous avec la peur. D'autre part, ses deux têtes d'affiche étaient américaines : Steve Cochran et Lizabeth Scott. Tout le reste est anglais à commencer par le metteur en scène et le lieu du tournage. L'action se passe donc dans un Londres de l'après guerre encore très marqué par les séquelles de la guerre et les déambulations de l'enfant livré à lui même permettent à Val Guest de filmer quelques très belles séquences de jour comme de nuit dans différents quartiers de la ville et sur les quais de la Tamise. Cette première partie du film dans laquelle le personnage central est l'enfant peut faire penser au film de Morris Engels, Le petit fugitif et elle est très réussie notamment pour la beauté des images du Londres des années 50 superbement mis en valeur au cours de l'errance de l'enfant et aussi pour la présence d'un enfant acteur plus doué que nombre de ses concurrents. Jon Whiteley était déjà un personnage central de quelques films antérieurs très réussis : Rapt (Hunted) de Charles Crichton ; Les Kidnappers de Philip Leacock et bien sûr Les contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang. Même s'il ne fera pas carrière (il ne tournera plus qu'un film après celui ci) c'était un jeune garçon très expressif et l'intensité sombre de son jeu convenait parfaitement pour interpréter ce garçon effrayé, traqué par les enquêteurs de l'armée américaine, par les Bobbies et sans le savoir par un tueur, ce qui l'obligeait à se cacher dans sa ville et à fuir tout contact humain de peur d'être capturé. Toutes ses scènes donnent au film l'essentiel de son poids émotionnel.

Malheureusement -mais on est dans un film policier- plus le film avance et plus l'errance d'Erik passe au second plan au profit de l'enquête policière menée principalement par le personnage interprété par Steve Cochran. A partir de là, le film s'écarte de plus en plus de ses partis pris réalistes et de son esthétique pseudo documentaire sans aucun doute voulus par Val Guest et son chef opérateur, pour s'adapter à un scénario bancal greffant des ingrédients de film noir qui semblent au moins pour certains maladroitement intégrés à un univers britannique dans lequel même les américains de la distribution semblent, loin de leur base, moins bien inspirés que dans leurs apparitions dans le film noir américain.

La mère de l'enfant, Elsa (Lizabeth Scott) est la veuve d'un soldat britannique tué pendant la guerre. Elle travaille comme serveuse et on la voit à plusieurs reprises à son travail. Au delà de sa situation sociale juste esquissée, Il y avait sans doute une volonté de déglamouriser l'actrice mais la volonté manifeste de neutraliser le sex appeal de Liz est contredit par quelques scènes étonnantes. L'angoisse de la mère en raison de la disparition de son enfant est tout de même très loin de tourner à l'hystérie puisqu'elle va d'abord semblé séduite et au bord de faire du charme à un témoin plutôt bel homme qui prétend avoir vu Erik lui voler une bouteille de lait (Antoine Doinel…). Et cela va se poursuivre puisqu'elle va revoir cet homme et accepter un RDV…(Mère indigne ! Trainée :shock: ..Pardon :oops: Je (me) reprends)…La jeune mère célibataire désemparée par la disparition de son enfant aurait pourtant une autre raison d'être peu disponible pour un début d'idylle car elle a toutes les raisons d'être inquiète de l'attitude de la police américaine à son égard.

Si le vieil inspecteur Mackenzie (Herbert Marshall) est plutôt du genre compréhensif et s'il désapprouve les méthodes de son jeune confrère, il est vite relégué au second plan car l'enquête est surtout menée par le capitaine Mark Andrews dont les manières sont plutôt rudes. Il est assez glacial avec Elsa et surtout ne dissipe pas ses inquiétudes car il semble mener son enquête avant tout pour résoudre le meurtre du militaire américain qui était son ami et pour cela il veut à tout prix mettre la main sur l'arme inexplicablement réapparue, retrouver l'enfant disparu ayant l'air secondaire à ses yeux. En tout cas, les dialogues entre les deux personnages mettent l'accent sur ce point mais l'enfant étant porteur de l'arme…Dans ce rôle d'enquêteur de la police militaire américaine dur et insensible, Steve Cochran est plus effacé qu'à l'accoutumée. On ne retrouve pas la présence physique impressionnante de cet acteur dont c'est une des qualités premières quand il est concerné. À croire que la délocalisation en Angleterre l'avait dévirilisé comme si le plonger dans un film noir anglais l'avait ramolli. Comme aurait dit Edith Cresson : Il est mou comme un anglais ! (…Bon là, il faut avoir au moins 40/45 ans). Il s'anime tout de même en cours de route avant un final où il donne enfin sa pleine mesure. Sa recherche de l'arme du (double) crime l'amène à fréquenter les bas fonds de Londres, ses boites de nuit et les salons où des messieurs trouvent des cavalières pour la soirée. Il y retrouve Vivienne (Nicole Maurey), hôtesse dans une de ces salles de danse (mais on pourrait chipoter sur l'appellation convenant réellement à son métier). L'ancienne petite amie de l'officier américain est assez abimée par la vie mais le rôle manque singulièrement de profondeur et l'interprétation de notre petite française Nicole Maurey -dont l'accent est ici très prononcé- n'est pas tout à fait non plus à la hauteur. Elle sera mieux distribuée ailleurs, y compris dans le cinéma anglo-américain. Gloria ! où étais-tu ?

Mais le plus gros défaut de ce film tient au fait que l'on nous désigne très vite le tueur. Je ne parle pas de déduction, on nous le montre dès la première scène où il apparait et c'est tout de même un peu idiot surtout que cet homme pris de panique sous prétexte que l'arme de son crime est réapparue va pratiquement se jeter dans la gueule du loup. Le personnage est tout de même intéressant mais je poursuis en spoiler...
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Quand Joshua Henry (George Cole) découvre par un article de journal relatant la mort accidentelle de l'enfant que l'arme avec laquelle il avait tué son rival (il est en tout cas suggéré que c'était le mobile du crime) est réapparue, celui qui était resté caché pendant 10 ans sans jamais être inquiété, va se découvrir pour obtenir des informations sur l'enfant et prendre un risque insensé en prétendant avoir vu Erik lui voler une bouteille de lait devant sa porte pour rentrer en contact avec la mère et l'enquêteur de police. Ensuite, ses efforts pour s'insinuer dans la vie d'Elsa - qui comme je l'ai dit plus haut semble séduite par cet homme- pour être le premier informé de l'avancée des recherches donnent quelques bonnes petites scènes. Il se fait même passer pour un inspecteur de Scotland Yard auprès des amis d'Éric qu'il promet de récompenser s'ils l'aide à retrouver l'enfant.
Bilan : Pas mauvais mais on peut s'en passer. 5,5/10

Le choc des photos, c'est par là :arrow:
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L'enfant :
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chip
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Re: The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

Message par chip » 09 juin 2015, 08:48

Encore un film au casting alléchant, dont je doute qu'il donne lieu à une sortie dvd française. Jon Whiteley était très bien dans " Moonfleet " et " the hunted" (rapt) , bon film sorti en dvd en 2002 chez PVB éditions (vo s/t et VF), le même éditeur a distribué la même année " Train d'enfer "(hell drivers) avec Patrick Mc Goohan, Stanley Baker et Sean Connery, deux films à conseiller.

kiemavel1
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Re: The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

Message par kiemavel1 » 09 juin 2015, 14:00

chip a écrit :Encore un film au casting alléchant, dont je doute qu'il donne lieu à une sortie dvd française. Jon Whiteley était très bien dans " Moonfleet " et " the hunted" (rapt) , bon film sorti en dvd en 2002 chez PVB éditions (vo s/t et VF), le même éditeur a distribué la même année " Train d'enfer "(hell drivers) avec Patrick Mc Goohan, Stanley Baker et Sean Connery, deux films à conseiller.
C'est ce casting qui m'avait bien évidemment attiré mais pour le coup je trouve que le dépaysement leur a moyennement réussi. Ce n'est pas un cas isolé car Dan Duryea que nous aimons assez tous les deux -et d'autres avec nous- a tourné un thriller (plus que film noir) en Angleterre qui n'est pas fameux, en tout cas d'après le souvenir que j'en garde. J'en parlerais peut-être un de ces jours.

J'ai aussi les 2 DVD que tu indiques. Pour Hell Drivers, tu oublies Peggy Cummins (que j'adore)

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chip
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Re: The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

Message par chip » 10 juin 2015, 09:51

Sorry pour Peggy,inoubliable Annie Laurie Starr du film culte de Joseph H. Lewis.

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pak
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Re: The Weapon - 1956 - Val Guest - S. Cochran - L. Scott

Message par pak » 10 juin 2015, 18:18

J'ai toujours associé Val Guest au cinéma fantastique. Ce n'est pas le premier nom qui me vient à l'esprit quand on me parle de film noir. Clair que sa filmo n'est pas très disponible à part quelques films de la Hammer.

Cela fait des années que je fantasme sur son film de guerre Section d'assaut sur le Sittang (Yesterday's enemy) nommé 4 fois aux BAFTA (dont meilleur film), mais bon, on s'éloigne là du genre de ce forum...
Dans la guerre, il y a une chose attractive : c'est le défilé de la victoire. L'emmerdant c'est avant...

Michel Audiard

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