La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

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kiemavel1
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La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par kiemavel1 » 18 juil. 2017, 14:54

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Billie Naish (Beverly Michaels) arrive en autocar dans une ville inconnue sans un sou en poche. Après s’être installée dans une pension meublée où elle a pour voisin un vieux tailleur célibataire (Percy Helton), elle se met en quête d’un travail et est très vite engagée comme serveuse par Dora Bannister, la sympathique patronne d’un bar de la ville. Le soir même, Billie fait la connaissance de Matt (Richard Egan), le mari de Dora. Très vite, Matt et Billie deviennent amants …
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Un ovni du film noir au même titre que le Détour de Ulmer et, pour à peu près les mêmes raisons, un film culte. Certes dans une moindre mesure car ce sont surtout les fans absolus de la trop rare Beverly Michaels qui doivent chérir ce film qui exploite comme peu de films du cycle classique du genre l’attraction sexuelle qu’exerce une héroïne de film noir sur tous les hommes qu’elle croise. Le moins obsédé par l’actrice n’est d’ailleurs pas le metteur en scène Russel Rouse puisqu’il exploite chaque parcelle du corps de son héroïne au maximum de ce qu’il était possible de faire en 1953 et il fut si séduit qu’il finira par l’épouser 2 ans plus tard ce qui entraina sa retraite anticipée après seulement 14 films, dont 11 pour le cinéma, parmi lesquels 6 appartenaient au genre criminel et où elle était la tête d’affiche féminine. Mais c’est sans doute dans Wicked Woman que Beverly Michaels a trouvé son meilleur rôle et c’est aussi celui pour lequel elle demeure inoubliable pour la poignée de cinéphiles qui ont pu la voir dans ses films les plus visibles, ceux de Hugo Haas principalement. La Beverly Michaels sexploitation débute dès la fin du générique qui nous montre un autocar traverser des paysages semi-désertiques puis arriver dans une ville inconnue. Le metteur en scène commence par isoler très brièvement son visage que l’on aperçoit parmi les passagers ; puis, lorsqu’elle descend de l’autocar, il cadre d’abord les jambes de cette somptueuse blonde platine au corps serré dans une ensemble blanc. Avec des gestes lents, elle pose ses bagages et allume une cigarette puis se dirige vers le bureau de la compagnie où un employé lui indique l’adresse d’une pension proche, avant de rester le regard fixé sur elle jusqu’à ce qu’elle franchisse la porte. Arrivée devant la modeste pension, c’est au tour de Charlie Borg (Percy Helton), qui la voit arriver à travers la vitrine de sa boutique de tailleur du rez-de-chaussée, d’en sortir discrètement pour la regarder monter l’escalier. Clairement, les deux premiers hommes qui la croisent lui matent le luc ! Dès lors il ne faut pas s’étonner qu’elle exploite cette attraction qui ne semble d’ailleurs pas la combler. C’est pour ce personnage de femme fatale aussi froide et manipulatrice que fragile et touchante qu’il faut voir ce film si singulier illuminé par la présence hypnotisante de son actrice principale : Beverly Michaels, cette Wicked Woman rebaptisée La scandaleuse en France et La vicieuse en Belgique … mais on doit bien être quelques uns à trouver Billie Nash plus touchante qu’autre chose ....
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Dans la carrière de Russell Rouse, Wicked Woman est donc un peu son Detour. Son film est aussi pauvre, aussi déprimant et aussi baroque que le film d’Ulmer. Tout d’abord, il est aussi fauché. Les extérieurs vrais ou faux sont des plus réduits : un bout de trottoir et le bureau de la compagnie d’autocar lors de l’arrivée de Billie. Puis tout le reste se passe entre la pension minable où elle loge et dont on ne voit qu’un couloir menant à la salle de bain collective et deux chambres meublées, et le bar des Bannister. Les extérieurs presque inexistants et le petit nombre de personnages renforcent l’atmosphère étouffante baignant cette intrigue qui rappelle Le facteur sonne toujours deux fois mais la répartition des rôles y est totalement chamboulée. Le conjoint abusé est ici la femme du couple exploitant le bar. Dora Bannister est une gentille alcoolique qui accueille avec bienveillance Billie et l’engage malgré son absence de références. Son mari, le musculeux Matt Bannister, c’est le brave type pas très malin qui va succomber au charme de la vagabonde sans emploi qui est donc ici également la femme fatale. Lorsque Beverly Michaels descend de son autocar tout de blanc vêtue, on ne peut pas ne pas penser à Lana Turner mais si Beverly Michaels n’a pas la classe de Lana, elle n’est pas la Lana Turner du pauvre, elle est celle des pauvre types. Elle est le Tramp par excellence, se déplaçant d'une ville à l'autre dans l’espoir de voir sa chance tourner ...
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Le parcours n’a pas du être simple jusque là … Malgré sa grande beauté, la longue et statuesque Billie donne en effet l’impression d’être à bout de fatigue et de tristesse. Même ses sourires semblent forcés et prêts à se crisper dans un rictus d’amertume. Mais elle peut encore compter sur sa séduction. Sa démarche souple est si lente qu’elle semble marcher au ralenti comme pour faire plaisir aux hommes ou leur laisser le temps de la reluquer. Et ils ne s’en privent pas. Mais elle se sert de ce corps splendide de manière professionnelle. Au bar où très vite elle est engagée, elle promène son visage blême et triste semblable à un masque et elle déambule entre les tables comme un automate souriant. Certains clients éméchés ne se contentent pas de la reluquer, ils la saisissent à son passage et elle semble même naturelle lorsqu’elle répond aux gestes, aux mains qui l’agrippent, par des sourires éclatants et réagit en semblant plaisanter avec ces clients entreprenants. Mais sitôt qu’elle reprend sa marche, elle affiche immuablement un terrible regard vide … Du coup, en dehors des heures d’ouverture, on ne touche pas ! Quand on voit la crise d’hystérie qu’elle pique lorsqu’elle est seulement effleurée par son voisin d’en face, dans la pension qu’elle regagne dans la nuit, on peut même se demander si Billie est réellement attirée par Bannister même si elle en a tout l’air. Quoi qu’il en soit, le seul pour lequel son regard s’allume, c’est bien Matt Bannister dont la charmante épouse s’abime dans l’alcool. Quelque soit la sincérité de son attirance pour son patron, il va aussi être pour elle la possibilité de toucher à son rêve. Car Billie rêve … mais elle rêve petit.
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Ça doit être parce qu’elle n’a vraiment pas grand chose : des cigarettes, une bouteille de whisky, un magazine d’astrologie et un disque qui ne cesse de l’accompagner partout, jusqu’au juke box du bar. C’est une musique qui lui rappelle on ne sait quoi … mais qu’elle situe au Mexique. Son rêve, c’est Acapulco ! Billie parvient sans trop de peine à convaincre Matt de s’enfuir avec elle au Mexique avec le produit de la vente du bar que Matt tente de revendre à l’insu de Dora en trompant cette dernière ainsi que l’acquéreur (Robert Osterloh) et son avocat (Frank Ferguson). A vrai dire, même si ça occupe beaucoup scénariste et réalisateur durant la seconde partie du film, on se moque un peu des péripéties inhérentes à l’escroquerie proprement dite ; c’est à dire toutes les complications successives qui apparaissent et qui retardent l’opération. Ces péripéties sont à peu près dénuées d’intérêt et - même si en est question au moins en pensées et parfois en paroles - il n’y a même pas ce qu’on pourrait attendre, c’est à dire de gradation dans la gravité des actes commis par les amants pour parvenir à leurs fins. Mais le film tient néanmoins par la richesse de ses 4 principaux personnages. Aucun n’est unidimensionnel et Russell Rouse, par sa mise en scène, sait traduire visuellement les non dits entre ses personnages. Ses gros plans sur les regards complices entre Billie et Matt montrent l’isolement croissant du couple d’amants contraints de dissimuler d’abord leur attirance puis leurs intentions, d’abord vis à vis de Dora, l’épouse … qui ne voit rien puisque la plupart de temps elle est ivre.
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C’est une épave sympathique et encore jolie, dans le genre « girl next door », qui devient immédiatement l’amie de Billie. Malgré le double jeu que mène celle ci, elle semble se lier d’amitié avec Dora et devient son alliée puisqu’elle la sert discrètement dans le dos de son mari qui refuse qu’on lui serve à boire. Et elle se montre ainsi la complice … de sa déchéance … La complicité qui la lie à Dora ne semble toutefois pas feinte et pour destructeur que soit le rôle qu’elle joue, ce n’est pas un petit jeu pervers qui semble guider ses actes et elle ne pousse probablement pas sciemment Dora au vice pour l’aveugler. De toute façon, Billie projette trop de vulnérabilité pour qu’on lui en veuille d’exploiter ce qui rend dingue tous les hommes sur son passage, des hommes montrés comme aveuglés par leurs désirs. Dès lors, difficile d’en vouloir à cette jeune femme qui ne ne connait probablement pas d’autres moyens de survivre que celui qu’elle a trouvé. Il n’en reste pas moins que Billie contribue grandement au détachement de Matt qui supporte de moins en moins la déchéance de sa femme sans pour autant éprouver de mépris pour elle. Bien au contraire, il l’aime toujours. Il se montre même longtemps scrupuleux sans que cela paraisse le moins du monde absurde et il y a donc chez lui un véritable conflit intérieur que, malgré ses limites en tant que comédien, Richard Egan parvient à exprimer.
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Même l’immonde voisin interprété par Percy Helton n’est pas totalement détestable tant il est pathétique. Il est temps d’en venir à ce personnage clé, aussi important que le trio. Avec sa tête de vieux bébé vicieux (comme l’a qualifié Philippe Garnier dans le portrait qu’il a fait de l’acteur dans son livre Caractères) Percy Helton crève l’écran et se montre extraordinaire dans le rôle du minable petit tailleur, on ne peut plus glauque, qui en pince pour Billie. Dans le genre minable nabot surexcité, il rejoint le Elisha Cook Jr. de Les mains qui tuent (Phantom Lady) qui croyait pouvoir se faire Ella Raines dans le film de Siodmak. On aura rarement vu un tel personnage de vieux libidineux dans le cycle noir. De manipulé, il deviendra manipulateur mais je me garderais bien d’aller plus loin en ce qui concerne le rôle qu’il joue dans l’intrigue. Heureusement qu’il est là dans une seconde partie dans laquelle - encore une fois - l’intrigue principale s’enlise un peu dans des « problèmes » juridiques pas intéressants. Mais ce n’est rien à coté des attraits de ce film rare et certains passages fulleriens (notamment une raclée mémorable) de sa dernière partie nous rappelle qu’on n’est pas dans le tout venant du genre. Quant à l’image finale, elle est absolument bouleversante et montre que décidément les temps sont durs pour les femmes fatales des bas quartiers … A voir impérativement. Pour l’anecdote, à un journaliste qui interrogeait Russel Rouse sur ce film, un lumineux journaliste demanda : « Whatever happened to that cheap floozy who starred in Wicked Woman ? « . “I married her”, répondit-il :mrgreen: . Vu en vost anglais

Réalisation : Russell Rouse / Production : Clarence Greene / Distribution : UA / Scénario original de Russell Rouse et Clarence Greene / Directeur de la photographie : Eddie Fitzgerald / Musique : Buddy Baker

Avec Beverly Michaels (Billie Nash), Richard Egan (Matt Bannister), Percy Helton (Charlie Borg), Evelyn Scott (Dora Bannister), Robert Osterloh (Larry Lowry), William 'Bill' Phillips (Gus), Bill Porter (Frank Ferguson)
Modifié en dernier par kiemavel1 le 18 juil. 2017, 16:17, modifié 2 fois.

kiemavel1
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par kiemavel1 » 18 juil. 2017, 14:56

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chip
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 19 juil. 2017, 09:18

Au de cette critique enthousiaste et des photos qui l'illustrent, notre ami Kiemavel est visiblement tombé sous le charme de l'immense Beverly et de ses jambes sans fin :) . Tavernier et Coursodon dans " 50 ans de cinéma américain " qualifient le film de morne mélo passionnel mais Tavernier nous a depuis donné des avis différents sur bien des films et des cinéastes.
Je n'avais pas mentionné ce titre dans la liste des films noirs remise à Alain Carradore en janvier, puisse-t-il lire WM et nous donner un beau DVD, c'est un film United Artists, donc rien d'impossible...

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pak
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par pak » 19 juil. 2017, 14:24

Beverly Michaels mesurait 1,75 m, et à voir certaines photos où elle a les jambes dénudées, on a l'impression qu'elle fait 10 bon centimètres de plus ! :mrgreen:

Effectivement, cette présentation donne envie.



Sinon, je préfère ce titre belge au français, même si ça sonne un peu film porno des années 1980...
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chip
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 20 juil. 2017, 07:27

Vu hier sur YOUTUBE. L'absence de s/t ne fut pas trop handicapant grâce à notre dévoué et fin analyste :wink: Le film est un hommage à l'impressionnante plastique de son héroïne, la caméra ne la quitte pratiquement pas, blonde bombshell Beverly Michaels fut avant Rouse la vedette de quelques séries B du même tonneau, signées Hugo Haas, avant d'être remplacée par sa copie conforme Cleo Moore, rien que pour elle on aimerait découvrir ces bandes, même si la critique ne fut pas tendre pour ses oeuvrettes. Si Beverly Michaels n'égale pas Gloria Grahame dans la sensualité et le talent, elle mérite le DETOUR.

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par kiemavel1 » 21 juil. 2017, 08:44

chip a écrit :
19 juil. 2017, 09:18
Tavernier et Coursodon dans " 50 ans de cinéma américain " qualifient le film de morne mélo passionnel mais Tavernier nous a depuis donné des avis différents sur bien des films et des cinéastes.
C'est bien pourquoi j'ouvre de moins en moins ce bouquin que j'ai pourtant énormément parcouru ... et ça se voit car il est bien abimé. Mais T et C cassaient trop de cinéastes que je trouve très respectables, le premier qui me vient en tête est le sympathique Joseph Pevney dont j'aime bien tous les films noirs (7 films) ... mais bcp moins la plupart des westerns ou films d'aventure.
Je n'avais pas mentionné ce titre dans la liste des films noirs remise à Alain Carradore en janvier, puisse-t-il lire WM et nous donner un beau DVD, c'est un film United Artists, donc rien d'impossible...
A titre personnel, il me semble que tu l'avais pourtant choisi celui là ...
Vu hier sur YOUTUBE. L'absence de s/t ne fut pas trop handicapant grâce à notre dévoué et fin analyste :wink: Le film est un hommage à l'impressionnante plastique de son héroïne, la caméra ne la quitte pratiquement pas, blonde bombshell Beverly Michaels fut avant Rouse la vedette de quelques séries B du même tonneau, signées Hugo Haas, avant d'être remplacée par sa copie conforme Cleo Moore, rien que pour elle on aimerait découvrir ces bandes, même si la critique ne fut pas tendre pour ses oeuvrettes. Si Beverly Michaels n'égale pas Gloria Grahame dans la sensualité et le talent, elle mérite le DETOUR.
Merci pour le fin analyste :mrgreen: J'ai déjà dit plusieurs fois ce qu'il fallait en penser pourtant ; mais j'ai bien compris le clin d'oeil :wink:

La camera ne quitte pas Beverly et en plus selon des angles parfois sans équivoques. Il y a longtemps que j'aurais du évoquer les films de Hugo Haas, quand même pour moi un cran en dessous du film de Rouse. J'ai lu quelque part que Cleo Moore avait été pour Hugo Haas un substitut à Beverly Michaels qui avait décidé d'arrêter sa carrière suite à son mariage avec Rouse. Elle s'est totalement retirée du milieu du cinéma et lui a fait deux enfants (c'est l'instant Voici), dont le monteur Christopher Rouse, oscarisé ... tout comme son père, non pas comme metteur en scène mais comme scénariste. Christopher s'est exprimé sur sa mère la présentant comme une femme qui, d'une certaine manière ressemblait aux personnages qu'elle a interprété. Elle avait été mannequin, puis avait touché au théâtre et enfin au cinéma. Elle avait bien vécu au moment de sa rencontre avec Rouse et elle pouvait être "Tough" et indépendante mais il la présente aussi comme une femme très intelligente s'intéressant à tous les arts (elle a écrit des pièces de théâtre) ... Démocrate et très libérale, s'impliquant dans les luttes politiques et féministes ...Quand elle a su qu'elle devenait "culte", elle s'est sentie flattée mais elle s'est très peu montrée à la fin de sa vie.

Je vais essayé de causer d'autre Beverly ...
pak a écrit :
19 juil. 2017, 14:24
Beverly Michaels mesurait 1,75 m, et à voir certaines photos où elle a les jambes dénudées, on a l'impression qu'elle fait 10 bon centimètres de plus ! :mrgreen:
Ses jambes sont effectivement immenses ; dans un des films de Hugo Haas : Pickup (1951) rebaptisé en France : La racoleuse :mrgreen: (encore du porno 80 look-a-like :wink: ), c'est encore plus spectaculaire (merci le/la costumier/ière ! )

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Elle y est bien plus méchante que dans le film de Rouse. Elle épouse un vieux célibataire en planifiant de le buter, même pas pour un gros magot (de mémoire dans les 10 000 $) ... tout en se tapant un jeune.

Sinon, il y a donc eu : La scandaleuse, La vicieuse, La racoleuse mais quand même pas : La salope ne porte pas de culotte

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chip
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 21 juil. 2017, 11:13

Autre icône du film noir, bien pourvue en jambes interminables, Marie Windsor( 1m75 elle aussi)). Plus connue auprès des cinéphiles grâce à des titres comme "the narrow margin", "force of evil", "the killing", Marie était à mon sens plusieurs crans au-dessus de Cleo et Beverly. L'affiche de " No man's woman" (1955), modeste production de Republic Pictures, donne envie de voir cet inédit.
Je pense que le genre NOIR recèle pas mal d'actrices au fort potentiel attractif : Janis Carter, Audrey Totter, Barbara Lawrence, Adele Jergens, Peggy Castle, June Vincent, Ann Savage, Dorothy Hart, June Havoc, Joan Dixon :wink: pour ne citer que quelques héroïnes de séries B, reste à trouver les films.

Stark
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par Stark » 06 août 2017, 10:39

Chip, tu apprécies aussi Mari Blanchard, vraiment très sexy dans "The Cruel Tower", polar bancal avec un Charles Mc Graw particulièrement déglingué.

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 07 août 2017, 08:57

Jamais vu " the cruel tower", un des rares bons films de Lew Landers, d'après Tavernier, qui je crois n'apprécie pas, mais alors pas du tout Mari Blanchard... perso, j'aime bien ses yeux en amandes et le reste aussi :)

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par Stark » 07 août 2017, 20:11

On peut trouver quelques séries B originales dans la vaste filmo de Lew Landers des années 30-40 : "Inner Sanctum", "I Was a Prisoner on Devil's Island" et surtout "Bad Lands", intéressant remake western de "The Lost Patrol". Mais aucun chef d'oeuvre à ma connaissance dans sa filmo.

Mais on s'éloigne du sujet d'origine, "Wicked Woman" est un bon polar fauché, il n'y a d'ailleurs aucun effort d'éclairage de la part du directeur photo Eddie Fitzgerald dont c'est le premier film, tout est pleins feux. L'essentiel est vraiment l'actrice. Dans un sous-genre, on peut se laisser tenter par les polars de Hugo Haas, mais aussitôt vus aussitôt oubliés.

Pour ceux qui aiment les personnages sordides, je conseille 'The Cat Burglar" réalisé par William Witney, remake très très glauque à tous les niveaux du "Port de la Drogue".

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 08 août 2017, 08:06

A propos de séries B originales, John K. de " 50 westerns from the 50s ", délire sur PERSONS IN HIDING (le parfum de la dame traquée)(1939) de Louis King avec la superbe Patricia Morison (103 ans et toujours en vie) mélange de Dorothy Lamour et d' Hedy Lamarr, le scénario est co-écrit par Horace Mac Coy d'après un bouquin du tristement célèbre J.Edgar Hoover. C'est un film Paramount, qui évoque je crois l'histoire de Bonnie Parker et Clyde Barrow, W.Witney fera lui aussi un film sur le couple : " the Bonnie Parker story" (1958)avec la belle Dorothy Provine, le film fut diffusé à la TV dans les années 80, pas vu " The cat burglar" (1961).

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par Stark » 10 août 2017, 11:07

J'ai vu "Persons In Hiding", dont l'histoire est dans la tradition de Bonnie et Clyde. Patricia Morison est magnifique en femme forte et dominatrice et précède Peggy Cummins dans "Gun Crazy" : même détermination dirigiste et silhouette parfois similaire. Des scènes de poursuites et de hold-up se retrouvent dans "Gun Crazy", avec des styles de cadrages et de montages proches. Et on y entend deux fois l'expression "Gun Crazy". Hasard?

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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par chip » 10 août 2017, 13:58

En ce qui concerne GUN CRAZY je préfère son premier titre : DEADLY IS THE FEMALE, quant aux 70mn de PERSONS IN HIDING, on n'est pas près de les voir chez Sidonis Calysta, c'est un film Paramount ...

Stark
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Re: La scandaleuse - Wicked Woman - Russell Rouse - 1953

Message par Stark » 10 août 2017, 20:13

La nouvelle "Gun Crazy" a été écrite en 1940 et parue sous ce titre dans le Saturday Evening Post. Les frères King mirent en chantier le film en 1946 également sous ce titre. "Gun Crazy" fut enfin présenté fin 1949 dans les locaux de l'United Artists, le film fut très apprécié mais il fallait changer le titre "trop minable". "Deadly is the Female" fut choisi, mais le film ne remporta aucun succès avec les nouvelles affiches montrant Peggy Cummins plus femme fatale classique (en robe) que "hors-la-loi surexcitée" "en jupe serrée et en pull plus serré encore" (Eddie Muller). Quelques mois plus tard, le film ressortit sous son titre original montrant Peggy Cummins sous son vrai jour sur les affiches.

je doute que "Persons in Hiding" ne sorte un jour en France, comme "Wicked Woman" d'ailleurs. Mais peut-être dans leur pays d'origine ...

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