Whiplash - 1948 - Lewis Seiler

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kiemavel1
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Whiplash - 1948 - Lewis Seiler

Message par kiemavel1 » 25 août 2019, 22:16

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Au cours d'un combat pour le titre de champion du monde des poids moyens, Mike Angelo, de son véritable nom Mike Gordon, se rappelle les événements l'ayant entraîné là. L'histoire commence avec sa rencontre avec Laurie, à l'époque où Mike était encore un peintre insouciant vivant sur la côte californienne. Mike pensait simplement récupérer un tableau vendu à Laurie contre son gré par son ami Sam, mais immédiatement Mike tombe amoureux de la mystérieuse jeune femme, laquelle disparaît rapidement en laissant toutefois un mince indice incitant Mike à partir à sa recherche à New-York. Mike la retrouve chanteuse d'un night-club appartenant à Rex Durant dont Mike découvre très vite qu'il est aussi le mari de Laurie …
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Beaucoup de qualités … ou au moins de bonnes intentions : Dane Clark en boxeur, on prend … et plus globalement ce milieu pugilistique -qui est ici plutôt bien restitué mais qui est périphérique au cœur du film - puisqu'il a souvent inspiré les scénaristes et donné nombre de chefs d’œuvre. Une héroïne mystérieuse interprétée avec un brin de froideur (de circonstance pour ce rôle) par la superbe Alexis Smith ... et plus globalement une interprétation magistrale. Une photographie superbe … Un zeste d'humour (amené par la voleuse de scène Eve Arden) … qui font d'autant plus regretter les manques : l'anonymat de la mise en scène  et les ratés : une certaine artificialité des personnages (l'artiste peintre qui se mue en boxeur de très haut niveau) et surtout quelques développements mélodramatiques quelque peu douteux (surtout tout ce qui touche au frère de Laurie, le docteur Arnold Vincent)
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Mais le triangle amoureux pourra peut-être déjà déplaire … Le mari, Rex Durant (Zachary Scott), est lui même un ancien boxeur professionnel qui aurait pu prétendre au titre mondial de sa catégorie mais sa carrière avait été brisé par un accident d'automobile qui l'avait laissé paralysé. Pas tout à fait d'ailleurs, puisque l'on apprend par la suite que c'est peut-être l'opération tentée et ratée par le Dr. Vincent (Jeffrey Lynn), le frère de son épouse, qui l'aurait cloué à son fauteuil roulant (le metteur en scène a quant même la présence d'esprit de nous montrer la condition de Durant, à la fin seulement de sa première apparition). De chirurgien de renom, il est tombé bien bas puisqu'il est alcoolique et devenu le soigneur de l'écurie de boxeurs de Durant.

Or, notre peintre, dans la dèche mais fier (c'est parce qu'il jugeait le tableau indigne d'être vendu qu'il avait voulu le récupérer chez Mrs. Durant), sitôt retrouvé sa belle, désirant la revoir dans les coulisses du Club à l'issue de son numéro, il en est empêché par des gros bras. Il en étale un pour le compte avant d'être assommé par un autre. Comme il s'avère que sa victime est un champion de boxe de très bon niveau, cela pousse le promoteur de boxe a proposer à Mike -qu'il rebaptisera bientôt Mike Angelo- (Michel-Ange, le peintre boxeur :wink: ) de faire un essai à la salle, essai évidemment concluant.
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A partir de là, se noue une relation fausse et malsaine entre les 3 principaux protagonistes. Dans un premier temps - la méchanceté des estropiés n'étant plus à démontrer - on se dit que Durant – qui a bien sûr compris qu'elle avait été la nature de la relation entre Mike et Laurie – souhaite surtout tenir à l’œil Mike et accessoirement le tabasser par personnes interposés, l'humilier et le rabaisser ainsi aux yeux de Laurie. Puis, il semble sincèrement vouloir faire de lui un champion et l'être lui aussi d'une certaine manière, par personne interposé, puisqu'il devient effectivement le mentor de Mike Angelo, ce dernier devenant les jambes et la vigueur que lui n'a plus … Et on peut évidemment faire le parallèle avec la nature de leur relation respective avec Laurie. Quelque soit sa condition actuelle, Durant – à priori à juste titre – est prêt à tout pour garder Laurie mais en l’occurrence les moyens sont aussi de ceux qui vous font détester alors qu’évidemment le salaud est en fait un désespéré. Zachary Scott joue sur tous ces tableaux et il est comme presque toujours remarquable.
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Quant à la relation entre Laurie et Mike, dès leurs retrouvailles, elle est électrique. Elle le rejette d'emblée, lui demandant de repartir d'où il vient en refusant de donner quelque explication à sa fuite et à ses mensonges du temps où ils formèrent un couple éphémère. Lui, muré dans sa colère, s'endurcissant et découvrant sur le ring un exutoire à sa douleur, puis probablement l'ambition, avec peut-être l'idée de la reconquérir ainsi, par sa réussite, refuse de voir les souffrances de Laurie qui semble soumise inexplicablement à un mari malsain et autoritaire. L'ironie de la situation, c'est que les deux hommes vont finir par rivaliser de sadisme à  l’égard de Laurie ... La solution viendra du cynique et désabusé ex chirurgien qui révélera la clé de la relation tordue entre Laurie et son époux, prélude à une dernière partie à rebondissements jusqu'à un final spectaculaire et brutal (qui fait un peu sourire en coin le connaisseur à cause du réemploi d'une séquence connue des familiers du genre). Mais de toute cette dernière partie bien fichue, je ne dis rien …

Un mot sur les soutiens. Eve Arden qui interprète la voisine New-yorkaise de Mike pour lequel elle a le béguin mais qui se rend vite compte qu'il n'a d'yeux que pour Laurie est comme toujours formidable. Elle balade dans la grande ville une espèce d’arriéré texan semblant sortir d'un film de Preston Sturges (dans quelques scénettes qui ne jurent pas trop avec l'ambiance générale). Alan Hale joue l'entraîneur irlandais de Mike Angelo. Douglas Kennedy campe un des gros bras de Durant (Costello) et S.J. Sakall est Sam, le patron de bistro ami de Mike où celui ci expose ses peintures.

Bilan : plutôt un bon film mais une certaine artificialité des personnages et des situations - sentiment fugace et personnel, c'est vrai - me laisse un peu à l'extérieur du film, symptôme qui en général m'atteint surtout avec les noirs MGM (bien évidemment pas tous) : soignés, reposant sur des scenarii solides .. mais – en poussant un peu le bouchon – sans âme. Note : 60/100
Modifié en dernier par kiemavel1 le 26 août 2019, 11:34, modifié 2 fois.

kiemavel1
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Re: Whiplash - 1948 - Lewis Seiler

Message par kiemavel1 » 25 août 2019, 22:32

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Avec J. Peverell Marley, le directeur de la photographie
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La bande annonce :


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Cole Armin
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Re: Whiplash - 1948 - Lewis Seiler

Message par Cole Armin » 27 août 2019, 21:16

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