Do You Know this Voice ? - 1964 - Frank Nesbitt

Liste des films critiqués
Répondre
kiemavel1
Messages : 502
Enregistré le : 06 juin 2015, 11:49

Do You Know this Voice ? - 1964 - Frank Nesbitt

Message par kiemavel1 » 30 janv. 2024, 10:25

Image
John Hopta (Dan Duryea) enlève le jeune garçon d’un riche famille et le tue accidentellement. C’est sa femme qui revendique le kidnapping et réclame la rançon de 2 000 £ depuis une cabine téléphonique proche de leur domicile en maquillant sa voix naturelle. Bientôt, la police identifie cette cabine et il s’avère que lors d’un des coups de téléphone donné par Mme Hopta, leur voisine d’origine italienne, Mme Marotta (Isa Miranda), attendant que la cabine se libère, a vu -sans voir, car toujours de dos - le ravisseur ou son complice. La police étant dans l’impasse, Mme Marotta propose que l’on fasse passer dans la presse une fausse information laissant croire qu’elle en a vu plus qu’elle n’en a réellement vu pour attirer le ravisseur dans un piège …
Image
Image
Ce film signait la seconde collaboration McCallum-Nesbitt-Duryea … dans le même esprit que le précédent et, cette fois, le résultat était même tellement télévisuel qu’il ne sortit pas du tout au cinéma en Grande-Bretagne et fut diffusé directement sur le petit écran. Le scénario est cette fois moins solide. Parfois il faut mettre de côté son cerveau : le couple de kidnappeurs qui négocie la rançon depuis une cabine téléphonique située à deux pas de leur maison … ok. Les différentes tentatives ratées pour éliminer Mme Marotta prêtent parfois à sourire (Hopta tente l’étranglement avec une corde, l’empoisonnement …) ... et cette fois ci, le coup de théâtre final est moins inattendu que dans le film précédent car Nesbitt commet l’erreur de faire un gros plan sur « l’objet «  que l’on retrouvera plus tard et qui scellera le destin des personnages principaux.
Image
Mais, Dan Duryea est toujours aussi grandiose même si, pour le coup, il en fait beaucoup. Il faut le voir mielleux et prévenant avec Mme Marotta … alors qu’il ne désire qu’une chose : la supprimer ; tandis que sa femme, pensant à tord que leur voisine ne pourrait pas la reconnaitre, voudrait l’épargner. D’autres aspects du scénario servent le suspense et on peut même voir une certaine ironie dans le fait que le piège de la police ne peut pas fonctionner étant donné que Hopta et Mme Marotta sont en apparence des amis et des voisins immédiats. Mais c’est surtout le contraste entre l’apparente affabilité de Hopta et sa crapulerie crasse qui donne au film ce cachet glauque qui doit beaucoup à son interprète principal. Cela dit, une fois de plus, Dan Duryea parvient aussi à toucher car c'est un incroyable malchanceux qui foire tout ce qu'il entreprend et qui en a parfaitement conscience.
Image
Comme dans Walk a Tightrope, le film précédent, toutes les séquences montrant l'intimité du couple de "Villains" sont admirablement écrites et montrent la complexité de leur relation. Mais alors que la femme du tueur à gages du premier film de Nesbitt semblait ne pas du tout mesurer la dangerosité de son mari qui lui rendait compte de ses intentions sans qu'elle prenne conscience de leur folie et sans porter de jugement moral, Mme Hopta, elle, s'oppose à son époux et cherche à le tempérer.
D'autre part, si Frank Nesbitt ne brille toujours pas derrière la caméra, après avoir vu ses deux thrillers, on peut toutefois en conclure qu'il savait en revanche admirablement choisir ses décors et tirer partie de ses décors intérieurs étriqués, notamment et surtout qu'il savait parfaitement choisir et cadrer les extérieurs car les vues sur la petite ville du Middlesex où fut tourné ce second film sont très belles.

Pensée finale : un peu moins bon que le précédent … Mais néanmoins très recommandable : 6/10

Répondre